La DFC américaine prévoit de multiplier ses participations directes en Afrique, notamment dans les minerais critiques. Une évolution qui pourrait renforcer l’influence de Washington sur les investissements stratégiques et les corridors logistiques, face à la Chine.

Les États-Unis veulent renforcer leur présence financière dans les secteurs stratégiques africains. Leur agence publique de financement du développement, la DFC (International Development Finance Corporation), prévoit d’accroître ses investissements directs en capital, particulièrement dans les minerais critiques, selon des déclarations rapportées par Reuters le 9 octobre 2026.

Cette orientation marque une évolution des instruments financiers américains sans constituer un abandon de la dette. Les prêts, garanties de crédit et assurances contre les risques politiques resteront prédominants.

Plus de 14 milliards de dollars engagés en Afrique

La DFC totalise déjà plus de 14 milliards de dollars d’engagements sur le continent, dont plus de 3 milliards dans les minerais critiques ou des projets associés.

L’agence s’intéresse notamment aux terres rares et au graphite, deux ressources stratégiques pour les chaînes industrielles internationales.

Elle a également annoncé en septembre un investissement pouvant atteindre 155 millions de dollars au capital de WIOCC, fournisseur africain d’infrastructures numériques, illustrant son recours croissant aux participations directes.

Contrairement à un prêt, une prise de participation permet à l’investisseur de détenir une fraction du capital et, selon les droits associés, de peser sur certaines décisions stratégiques.

Une compétition autour des corridors miniers

L’enjeu dépasse le seul financement des mines. Washington soutient également la réhabilitation du corridor de Lobito, destiné à faciliter l’acheminement du cuivre et du cobalt africains vers l’Atlantique.

Cette stratégie s’inscrit dans les efforts américains de diversification des approvisionnements face à la position dominante de la Chine dans plusieurs chaînes de valeur des minerais critiques.

Quelle valeur ajoutée pour les économies africaines ?

Pour les pays africains, la question centrale reste celle des retombées locales. Une présence américaine accrue au capital pourrait ouvrir des négociations sur la transformation industrielle, les infrastructures et les partenariats économiques.

Mais une participation financière ne garantit ni implantation industrielle ni transfert technologique.

L’enjeu sera donc de déterminer si ces investissements financeront principalement l’extraction et l’exportation des minerais ou contribueront aussi à développer davantage de valeur ajoutée sur le continent.

Chiffres clés

  • +14 Md$

Engagements DFC en Afrique

  • +3 Md$

Minerais critiques et projets associés

  • 155 M$

Participation maximale annoncée dans WIOCC

  • 553 M$

Prêt DFC au Lobito Atlantic Railway, distinct des prises de participation

Sources : Reuters, 9 octobre 2026 ; DFC, 4 décembre 2024 et 17 décembre 2025.