La Tunisie estime à 55 milliards de dollars ses besoins de financement climatique pour 2026-2035. Au-delà de cette enveloppe, l’enjeu consiste à transformer les objectifs de la CDN 3.0 en projets identifiables, chiffrés et susceptibles de mobiliser des capitaux.
La transition climatique tunisienne représente un besoin de financement estimé à 55 milliards de dollars, soit environ 165 milliards de dinars, sur la période 2026-2035. Cette enveloppe, inscrite dans la Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0), illustre l’ampleur des investissements envisagés pour réduire les émissions et renforcer l’adaptation aux changements climatiques.
Mais un montant global ne constitue pas, à lui seul, un programme d’investissement opérationnel.
Une forte dépendance aux financements internationaux
Selon la CDN 3.0, 47 % des besoins concernent l’atténuation des émissions et 53 % l’adaptation climatique. Pour le volet atténuation, 74 % des investissements devraient être soutenus par des financements internationaux.
La Tunisie vise une réduction de 62 % de son intensité carbone à l’horizon 2035 par rapport à 2010, dont 31 % au titre de l’effort inconditionnel. L’objectif de réduction des émissions nettes atteint 34 %.
Ces ambitions supposent une mobilisation financière importante, mais également des dispositifs permettant d’en suivre la réalisation.
Convertir la dette en investissements climatiques
Parmi les mécanismes envisagés figure la conversion de dettes en projets de développement climatique, évoquée par le ministère des Affaires étrangères.
Cette piste reste conditionnée à des négociations et à la définition de projets éligibles. Aucun montant de conversion effectivement conclu n’est établi dans les informations consultées.
Le programme de la Ceinture verte, qui prévoit la restauration de 260 000 hectares de terres dégradées, illustre les investissements environnementaux à structurer.
Le défi : rendre les projets finançables
Analyse WMC — Pour traduire les 55 milliards de dollars en investissements concrets, une matrice publique pourrait recenser chaque projet selon son coût, sa maturité, son calendrier, son financement recherché, son impact climatique mesurable et l’institution responsable.
Elle permettrait de distinguer les projets annoncés, ceux prêts à financer et les opérations déjà couvertes financièrement.
Le véritable enjeu sera donc de passer d’une estimation nationale à un portefeuille de projets vérifiables, capables de mobiliser les ressources attendues.
Chiffres clés
- 55 milliards USD de besoins estimés ;
- 74 % d’appui international pour l’atténuation ;
- –62 % d’intensité carbone ;
- –34 % d’émissions nettes ;
- 260 000 hectares à restaurer


