De Sfax aux laboratoires de la NASA en Californie, le Dr Mohamed Abid a construit une carrière au sein de plusieurs grandes missions spatiales américaines. Cet ingénieur tuniso-américain, associé notamment au programme Mars 2020 et au robot Perseverance, est revenu en Tunisie en août 2026 pour partager son expérience avec des étudiants, des chercheurs et des passionnés de sciences.

De Sfax aux universités américaines

Le parcours de Mohamed Abid commence à Sfax, dans le sud de la Tunisie, bien loin des centres de recherche spatiale américains. C’est pourtant dans cette ville que prend forme une trajectoire qui le conduira, plusieurs années plus tard, au Jet Propulsion Laboratory (JPL), l’un des principaux centres de recherche et d’ingénierie de la NASA.

Après ses études en Tunisie, il poursuit sa formation universitaire en France, avant d’obtenir une bourse pour préparer un doctorat en ingénierie aérospatiale et mécanique à l’University of Southern California, aux États-Unis.

Cette formation internationale constitue une étape déterminante. Mohamed Abid développe une expertise technique qui lui ouvre progressivement les portes de l’ingénierie spatiale américaine. Il rejoint le JPL en 2004, selon les informations publiées par Al Jazeera.

Des satellites d’observation de la Terre à Mars

Sa carrière prend une dimension particulière avec la mission SMAP (Soil Moisture Active Passive), consacrée à l’observation de l’humidité des sols terrestres.

Lancée en janvier 2015, cette mission vise à améliorer la connaissance des ressources en eau et des conditions environnementales grâce aux observations satellitaires.

Mohamed Abid y exerce des responsabilités d’ingénierie de premier plan. Son parcours se poursuit ensuite dans le domaine de la mécatronique, qui associe mécanique, électronique et systèmes de commande.

En 2016, il est nommé ingénieur mécanique en chef adjoint du programme Mars 2020, selon l’agence TAP.

Cette mission aboutit à l’envoi du robot Perseverance vers Mars en juillet 2020, puis à son atterrissage sur la planète rouge en février 2021. Mohamed Abid fait partie des ingénieurs ayant contribué à sa préparation technique.

Le souvenir de Challenger, une motivation personnelle

Derrière le parcours de l’ingénieur se trouve également un événement qui a marqué son adolescence : l’accident de la navette spatiale Challenger, en 1986.

Dans un entretien accordé à Al Jazeera en 2021, Mohamed Abid explique que cette catastrophe, qui a coûté la vie à sept astronautes, a contribué à orienter son intérêt vers l’ingénierie spatiale.

Son ambition ne se limitait donc pas à participer à l’exploration de l’espace. Elle était aussi liée à la compréhension des défaillances techniques et à la sécurité des missions.

Ce témoignage apporte une dimension personnelle à une carrière souvent présentée à travers ses seules réalisations scientifiques.

Un retour en Tunisie tourné vers la jeunesse

En août 2026, Mohamed Abid revient en Tunisie pour une série de rencontres organisées notamment à Tunis, Sousse, Monastir, Sfax et Djerba.

À travers ces échanges, il présente son parcours et les enjeux de l’exploration spatiale. Sa visite donne également lieu à des discussions sur les possibilités de coopération scientifique et technologique entre la Tunisie et les États-Unis.

L’ambassade américaine à Tunis met en avant cette dimension lors de sa communication sur la tournée et de son intervention à la télévision nationale tunisienne.

Au-delà de la réussite individuelle

Le parcours de Mohamed Abid dépasse le récit d’une réussite personnelle. Il pose une question plus large : comment les compétences scientifiques tunisiennes établies à l’étranger peuvent-elles contribuer à rapprocher les jeunes chercheurs du pays des grands réseaux internationaux de recherche ?

Ses rencontres de 2026 illustrent une première forme de transmission, à travers le partage d’expérience et le dialogue avec les étudiants.

Elles ne suffisent toutefois pas, à elles seules, à établir l’existence de nouveaux programmes de coopération ou de transferts technologiques.

De Sfax à la NASA, Mohamed Abid incarne ainsi une trajectoire scientifique internationale dont l’un des enjeux est désormais le partage des connaissances avec les nouvelles générations.

La Tunisie Qui gagne