Un centre privé multidisciplinaire destiné notamment aux enfants autistes et présentant des troubles d’apprentissage vient d’ouvrir à Béja. Derrière l’investissement annoncé de 40 000 DT apparaît un enjeu plus large : la proximité des prises en charge spécialisées pour les familles des régions.
À Béja, l’ouverture d’un centre privé spécialisé ne constitue pas seulement une nouvelle offre de prise en charge. Elle met en lumière une question concrète pour certaines familles : combien de kilomètres faut-il parcourir pour assurer régulièrement le suivi spécialisé d’un enfant ?
Le nouvel établissement accueille des enfants âgés de 3 à 18 ans présentant notamment un autisme, des troubles d’apprentissage, une déficience intellectuelle ou une trisomie 21. Son aménagement représente un investissement annoncé de 40 000 DT.
Plusieurs spécialités réunies
Le centre regroupe dans un même établissement psychologue, ergothérapeute, éducateur spécialisé et orthophoniste, ainsi que des accompagnateurs et animateurs. Cette organisation vise une prise en charge multidisciplinaire.
La direction présente la structure comme la première de ce type dans la région et dans le Nord-Ouest. Cette qualification, relayée par la TAP, doit toutefois être considérée comme une déclaration tant qu’elle n’a pas été vérifiée auprès des structures sanitaires et sociales compétentes.
Éviter certains déplacements vers Tunis
L’enjeu territorial apparaît surtout dans les témoignages de parents. Certains expliquent que l’ouverture du centre devrait leur permettre d’éviter des déplacements jusqu’à Tunis pour assurer le suivi de leurs enfants.
Ces témoignages ne suffisent pas à établir statistiquement une inégalité géographique d’accès aux services spécialisés en Tunisie. Ils signalent néanmoins une difficulté : lorsque l’offre nécessaire est éloignée, la distance devient elle-même une contrainte pour la continuité de la prise en charge.
Le sujet dépasse donc l’ouverture d’un établissement à Béja. Il pose la question de la répartition territoriale des professionnels et structures spécialisés, pour laquelle le corpus disponible ne fournit pas de cartographie nationale.
Le centre souhaite également développer des partenariats public-privé, notamment avec le ministère de l’Éducation, afin de faciliter l’intégration scolaire. À ce stade, il s’agit d’un objectif déclaré, et non d’un partenariat annoncé comme conclu.
L’ouverture de Béja apporte ainsi une réponse locale. Reste à mesurer, données à l’appui, l’ampleur du besoin dans les autres régions tunisiennes.


