La Banque Maghrébine d’Investissement et de Commerce Extérieur veut augmenter de 50 % son portefeuille de crédits et financements dans son plan stratégique 2027-2030. Une ambition qui pose une question centrale : la banque régionale peut-elle désormais changer d’échelle dans le financement de l’intégration maghrébine ?
La BMICE prépare une accélération. Son objectif annoncé est d’augmenter de 50 % son portefeuille de crédits et financements à l’horizon 2030, dans le cadre de son plan stratégique 2027-2030.
Le point de départ doit cependant être précisément défini. Le portefeuille actuel représente environ 100 millions de dollars de prêts approuvés. Ce montant ne correspond pas à 100 millions de dollars déjà injectés dans les économies de la région : une partie des financements reste en cours de décaissement.
Cette distinction entre approbation et décaissement sera déterminante pour mesurer la réalisation du futur plan.
Des priorités régionales
La BMICE annonce vouloir concentrer ses interventions sur plusieurs secteurs considérés comme prioritaires : infrastructures, sécurité énergétique, sanitaire et alimentaire.
Ce positionnement renvoie directement à la raison d’être de cette institution régionale : contribuer au développement des échanges et des investissements entre les pays du Maghreb.
L’objectif de +50 % ne constitue toutefois pas encore une performance. Il s’agit d’une cible pour 2030, dont la réalisation devra être appréciée au regard des financements effectivement engagés puis décaissés.
Le test du passage à l’échelle
Pour la BMICE, l’enjeu dépasse donc la croissance comptable de son portefeuille. La question sera de savoir si cette montée en puissance permet de financer davantage de projets ayant une véritable dimension régionale.
Les infrastructures et les sécurités énergétique, sanitaire et alimentaire offrent précisément des terrains où les besoins peuvent dépasser les frontières nationales.
Après une décennie d’existence, le prochain cycle stratégique pourrait ainsi constituer un test pour la banque du Maghreb : transformer une ambition institutionnelle d’intégration en volumes de financement effectivement mobilisés.
À l’horizon 2030, le chiffre à surveiller ne sera donc pas seulement le +50 % annoncé, mais la part de ces crédits réellement décaissée et leur capacité à soutenir des projets rapprochant concrètement les économies maghrébines.
Chiffres clés
- +50 % : objectif de progression du portefeuille.
- ≈ 100 M$ : prêts actuellement approuvés.
- 2027-2030 : période du plan stratégique.
- 4 priorités : infrastructures, sécurités énergétique, sanitaire et alimentaire.


