Le premier programme de reprise pour Gaza prévoit 66 projets sur six mois, pour environ 2,45 milliards de dollars. Mais financement, gouvernance, sécurité et accès aux chantiers restent les conditions déterminantes de son exécution.

Le chiffre donne une première mesure de l’effort envisagé : environ 2,45 milliards de dollars pour 66 programmes à mettre en œuvre sur six mois. Porté par le Board of Peace et le National Committee for the Administration of Gaza (NCAG), le programme couvre notamment les infrastructures, la sécurité, l’administration et les services essentiels.

Mais cette enveloppe ne doit pas être confondue avec des fonds déjà disponibles. Le document précise que les coûts sont indicatifs et que l’exécution dépend du financement et de l’accès. Le premier enjeu est donc de transformer une programmation budgétaire en décaissements effectifs et traçables.

Les infrastructures constituent le principal poste, avec environ 1,205 milliard de dollars. Le bloc consacré à la paix et à la sécurité représente environ 885 millions de dollars ou davantage. Ensemble, ces deux volets concentrent près de 85 % de l’enveloppe indicative, selon un calcul WMC fondé sur les montants annoncés.

Cette répartition montre que la reconstruction ne repose pas uniquement sur des travaux matériels. Elle dépend également de la capacité à installer une administration opérationnelle, sécuriser les interventions et garantir un mécanisme de contrôle des fonds.

Le contexte politique reste toutefois déterminant. Le cadre prévu lie la reconstruction à des étapes de transition, de vérification, de retrait israélien et de désarmement. Tant que ces mécanismes ne sont pas stabilisés, l’accès aux chantiers et le calendrier d’exécution restent incertains.

L’écart avec les besoins globaux souligne enfin l’ampleur du défi. L’évaluation ONU–Union européenne–Banque mondiale estime à 71,4 milliards de dollars les besoins de reprise et de reconstruction sur dix ans, dont 26,3 milliards durant les 18 premiers mois.

Le plan de 2,45 milliards constitue donc une première programmation. Sa crédibilité se mesurera moins au montant annoncé qu’à la capacité de réunir simultanément financement réel, gouvernance acceptée, accès sécurisé et contrôle vérifiable de l’utilisation des fonds.

Chiffres clés

  • 2,45 milliards $ : coût indicatif du programme initial.
  • 66 programmes : projets prévus sur six mois.
  • 1,205 milliard $ : infrastructures.
  • 885 millions $+ : paix et sécurité.
  • 71,4 milliards $ : besoins estimés sur dix ans.

Site : ONU