Sam Altman doit intervenir mercredi 23 septembre devant le Conseil de sécurité des Nations unies lors d’une réunion consacrée à l’intelligence artificielle et à la sécurité internationale. Derrière cette séquence se joue une question de pouvoir : qui peut légitimement fixer les règles mondiales de l’IA ?
Le directeur général d’OpenAI doit participer en personne à la réunion ouverte convoquée par la France, qui préside le Conseil de sécurité en septembre. La séance doit être présidée par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
Selon les éléments rapportés par Reuters, les discussions doivent notamment porter sur la coordination internationale, les normes de sécurité, les usages malveillants de l’IA et les risques de perte de contrôle sur les systèmes les plus avancés.
Le signal est politique. Les risques liés à l’intelligence artificielle ne sont plus seulement traités comme des questions techniques ou réglementaires. Ils entrent plus directement dans le champ de la sécurité internationale.
Qui doit fixer les règles mondiales de l’IA ?
Les entreprises maîtrisent la technologie, les États disposent du pouvoir réglementaire et l’ONU peut organiser la coopération internationale. Aucun de ces acteurs ne dispose cependant, seul, de tous les leviers nécessaires à une gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle.
Trois pouvoirs face à l’IA
Les entreprises comme OpenAI disposent de l’expertise technique et développent les modèles les plus avancés. Mais cette maîtrise ne leur donne pas automatiquement la légitimité pour définir seules les règles auxquelles elles devraient être soumises.
Les États possèdent le pouvoir réglementaire, mais leurs politiques restent nationales ou régionales face à des technologies diffusées à l’échelle mondiale.
Les Nations unies peuvent, de leur côté, fournir un cadre de dialogue international. Une réunion du Conseil de sécurité ne signifie toutefois ni qu’un consensus existe ni qu’un régime mondial de régulation est sur le point d’être adopté.
Analyse : le véritable enjeu est donc moins de choisir entre États, entreprises et ONU que d’organiser leurs responsabilités respectives : définir les normes, contrôler leur application et déterminer les mécanismes de responsabilité.
La participation éventuelle d’Anthropic a également été évoquée, mais elle reste non confirmée.
La réunion du 23 septembre constituera ainsi un indicateur à surveiller. Ses conclusions sont encore indéterminées. Ce qui comptera sera la capacité des participants à transformer un diagnostic largement partagé sur les risques de l’IA en mécanismes de coopération réellement applicables.
Chiffres clés
23 septembre 2026 — date prévue de la réunion.
15 membres — composition du Conseil de sécurité.
2023 — année d’un précédent débat du Conseil consacré aux risques de l’IA.


