Des criquets africains ont été observés sur environ 70 hectares à Bani Walid, tandis que d’autres sauterelles occupent quelque 40 hectares. Le foyer reste localisé, mais les précédents historiques rappellent combien la surveillance précoce est déterminante en Afrique du Nord.

Le signal venu de Bani Walid mérite une surveillance au-delà de la seule zone concernée. Dans les vallées de Souq al-Jin et Mardoum, le Comité national libyen de lutte contre le criquet pèlerin a recensé des criquets africains sur environ 70 hectares et d’autres sauterelles sur 40 hectares.

À ce stade, rien ne permet de parler d’une invasion ni d’affirmer que ces populations menacent déjà les pays voisins. L’espèce mentionnée comme « criquet africain » dans les informations libyennes ne doit pas non plus être assimilée automatiquement au criquet pèlerin.

Un risque qui peut devenir transfrontalier

Le précédent récent invite néanmoins à la vigilance. En juin 2025, la FAO signalait une augmentation des bandes larvaires et groupes de criquets pèlerins en Algérie, Tunisie et Libye, avec l’apparition de groupes d’adultes immatures et de quelques petits essaims.

La mobilité du criquet pèlerin explique la dimension régionale de la surveillance. La FAO classe notamment la Libye, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie, le Niger, le Mali, le Tchad et le Sénégal dans la région occidentale concernée par ce risque acridien.

Le foyer de Bani Walid menace-t-il la Tunisie et les autres pays voisins ?
Aucune donnée disponible ne permet actuellement de l’affirmer. Mais les crises historiques montrent que les populations de criquets pèlerins peuvent franchir les frontières nord-africaines, ce qui justifie une surveillance régionale et une intervention précoce lorsque des foyers sont détectés.

2004, le précédent nord-africain

L’histoire montre jusqu’où une recrudescence peut s’étendre. Lors de la crise de 2003-2005, des essaims venus du Sahel avaient gagné l’Algérie et le Maroc avant d’atteindre la Tunisie et la Libye au printemps 2004. À l’automne, de nouveaux essaims avaient encore atteint la Libye et la Tunisie. Plus de 13 millions d’hectares avaient été traités dans l’ensemble des régions concernées pendant cette campagne.

Plus tôt, la grande invasion de 1987-1989 avait touché une vaste partie de l’Afrique du Nord, du Sahel et du Moyen-Orient.

Le foyer de Bani Walid n’est donc pas, en lui-même, le signe d’une nouvelle crise régionale. Mais ces précédents expliquent l’enjeu de l’intervention précoce : identifier l’espèce, suivre les densités et traiter les foyers avant qu’une éventuelle dynamique de multiplication et de déplacement ne rende la lutte beaucoup plus lourde.

Chiffres clés

  • 70 hectares de criquets africains à Bani Walid ;
  • 40 hectares occupés par d’autres sauterelles ;
  • 13,05 millions d’hectares traités lors de la campagne internationale 2003-2005.
  • La FAO rappelle qu’un essaim de criquets pèlerins d’un km² peut compter jusqu’à 80 millions d’adultes et consommer quotidiennement autant de nourriture que 35 000 personnes. Ce chiffre décrit le potentiel du criquet pèlerin et non la situation actuelle à Bani Walid.