La grève des transporteurs de carburants reste maintenue pour les 23 et 24 septembre. À 48 heures du mouvement, le danger n’est pas encore une pénurie nationale, mais une désorganisation rapide des stations. Et le précédent du 20 août montre qu’elle peut commencer en quelques heures.
La Tunisie entre dans les dernières 48 heures avant une grève susceptible de mettre sous forte tension la distribution des carburants. Selwen Smiri, secrétaire général adjoint de l’UGTT et ancien secrétaire général de la Fédération générale du pétrole et des produits chimiques, a confirmé lundi que le mouvement des 23 et 24 septembre restait maintenu. Les syndicats attendent désormais une convocation du ministère des Affaires sociales pour une ultime séance de conciliation.
Le compte à rebours est donc lancé.
Les stocks ne protègent pas les stations
Un chiffre peut donner une impression de sécurité : le PDG d’Agil estimait le 1er septembre que les stocks disponibles représentaient environ 30 jours de consommation. Mais cette réserve n’empêche pas une rupture locale de distribution si les camions-citernes cessent d’alimenter les stations.
Stocker n’est pas livrer.
La démonstration a déjà été faite le 20 août. Une grève surprise des transporteurs avait provoqué affluence, longues files d’attente et perturbations dans plusieurs stations. Selon Agil, les carburants existaient dans les dépôts : c’est leur acheminement qui avait été interrompu.
Cette fois, le mouvement annoncé doit durer deux jours.
850 stations exposées à la mécanique logistique
Le réseau tunisien compte environ 850 stations-service, alimentées par cinq sociétés de distribution. Leur vulnérabilité dépendra donc directement du niveau des stocks dans chaque station avant mercredi, du nombre de camions effectivement immobilisés et de la capacité de livraison qui restera opérationnelle.
Or ces trois données sont actuellement indéterminées.
Impossible, dans ces conditions, de prévoir combien de stations pourraient connaître des ruptures temporaires. Mais l’épisode d’août montre qu’une perturbation logistique peut devenir visible très rapidement, même sans pénurie nationale.
À J-2, la séance de conciliation devient donc le dernier verrou. Sans accord, le risque immédiat n’est pas que la Tunisie manque de carburant dans ses dépôts : c’est que le carburant n’arrive plus assez vite là où les automobilistes viennent le chercher.
Chiffres clés
- 23–24 septembre 2026 : dates de la grève maintenue.
- 48 heures : délai restant au lundi 21 septembre.
- ≈ 30 jours de consommation : stock évoqué par le PDG d’Agil le 1er septembre.
- 850 stations-service environ sur le territoire tunisien.
- 5 sociétés de distribution agréées.
- 20 août : une grève surprise avait déjà perturbé plusieurs stations en quelques heures.
- Capacité quotidienne réellement maintenue les 23–24 septembre : ND.
Site : Ministère de l’Energie


