À Gafsa, la fermeture d’une école ne comptant plus que trois élèves soulève une question qui dépasse largement son effectif : comment maintenir un accès réel à l’éducation lorsque la rationalisation du réseau scolaire éloigne les enfants de leur établissement ?

Trois élèves seulement étaient encore inscrits à l’école Bourguiba-Bekkou, dans la zone d’Et-Talh Ouest, à Gafsa. Selon Jawhara FM, l’établissement a été fermé en raison de cet effectif devenu très faible.

Pris isolément, le chiffre peut paraître marginal. Mais le cas change de dimension dès que l’on regarde l’alternative proposée : une autre école se trouverait à environ 22 kilomètres. Les familles affirment ne pas disposer d’une solution de transport quotidienne permettant aux enfants de s’y rendre.

Le problème n’est donc plus seulement de savoir s’il est raisonnable de maintenir une école pour trois élèves. Il devient celui de l’accessibilité effective du service public.

Aucun seuil national établi

La recherche effectuée par WMC n’a pas permis d’identifier, dans les sources officielles accessibles, un seuil national fixant automatiquement la fermeture d’une école primaire en dessous d’un certain nombre d’élèves.

Les trois inscrits expliquent la décision rapportée dans ce cas précis. Ils ne peuvent pas être présentés comme une règle générale.

Cette distinction est essentielle. Fermer un établissement pour rationaliser les moyens peut relever d’une logique administrative. Mais cette décision ne résout pas, à elle seule, la question de la scolarisation si l’établissement de remplacement reste difficilement accessible.

Existe-t-il en Tunisie un nombre minimum d’élèves imposant automatiquement la fermeture d’une école ?
Aucun seuil national automatique n’a pu être identifié dans les textes officiels accessibles consultés. À Gafsa, l’effectif de trois élèves est donné comme motif de la fermeture, mais il ne peut pas être présenté comme une règle générale applicable à toutes les écoles tunisiennes.

Le transport devient partie intégrante de la décision

La Constitution tunisienne garantit le droit à l’enseignement public gratuit et rend l’enseignement obligatoire jusqu’à 16 ans. Elle ne garantit pas le maintien de chaque école, mais elle replace l’enjeu dans son cadre : l’accès à l’éducation doit rester effectif.

Le cas de Gafsa constitue ainsi un signal faible territorial. Il ne suffit pas à démontrer une désertification scolaire nationale. Mais il pose trois questions : combien d’écoles fonctionnent avec des effectifs très faibles ? Selon quels critères décide-t-on leur fermeture ? Et quelle solution de transport accompagne réellement ces décisions ?

Entre trois élèves et 22 kilomètres, c’est toute la question de la proximité scolaire qui apparaît.