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De l’Inde à la Chine, de Bruxelles aux États-Unis, les signaux convergent : capacités industrielles, capitaux technologiques, plateformes numériques et maîtrise du territoire deviennent des enjeux de souveraineté économique.

La compétition économique mondiale se joue de plus en plus sur la capacité à produire. L’Inde veut approfondir son implantation dans les semi-conducteurs : son ministre de l’Électronique et des Technologies de l’information a fait état de 11 à 12 milliards de dollars de propositions d’investissement liées à la deuxième phase de sa politique sectorielle.

En Chine, Xi Jinping appelle parallèlement à rendre la fabrication avancée « plus grande et plus forte » et à accroître l’autonomie des chaînes industrielles. Deux trajectoires différentes, mais un même enjeu : renforcer les capacités nationales dans des secteurs devenus stratégiques.

L’IA et la mobilité autonome changent d’échelle

Cette bataille productive se double d’une course au financement. CoreWeave a annoncé son intention de lever 3 milliards de dollars par émission d’obligations convertibles arrivant à échéance en 2033. Les acquéreurs initiaux pourraient disposer d’une option portant sur 500 millions de dollars supplémentaires.

Dans la mobilité autonome, l’Europe se rapproche également d’un changement d’échelle. Bolt et Lucid prévoient le déploiement d’au moins 25 000 robotaxis en Europe, avec des lancements annoncés à partir de 2028. À Zagreb, Pony.ai et Verne ont parallèlement commencé des essais avec passagers sans conducteur sur la voie publique.

Le passage des expérimentations aux projets de flottes commerciales montre que l’enjeu n’est plus seulement technologique. Il devient industriel, financier et réglementaire.

Bruxelles resserre le cadre numérique

La souveraineté s’exerce aussi par la règle. Bruxelles a présenté le KIDS Act, qui prévoit notamment d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 13 ans et d’encadrer les comptes des 13-14 ans par un contrôle parental. Il s’agit encore d’une proposition, qui devra être examinée par le Parlement européen et le Conseil.

Aux États-Unis, la Federal Trade Commission a de son côté annoncé un projet d’accord de 225 millions de dollars avec Amway et des sociétés affiliées dans un dossier concernant leurs pratiques de vente multiniveau.

Pourquoi la souveraineté industrielle revient-elle au premier plan ? Parce que les États et les entreprises cherchent simultanément à sécuriser les technologies stratégiques, les capacités manufacturières, les financements et les infrastructures. Les développements observés en Inde, en Chine, en Europe et aux États-Unis illustrent cette convergence.

Le territoire redevient stratégique

L’immobilier révèle une autre facette de cette recomposition. Aux États-Unis, la confiance des constructeurs de maisons individuelles est tombée à 32 en septembre, sous la pression notamment des taux hypothécaires élevés.

Hong Kong suit une trajectoire différente avec un programme prévoyant 196 000 logements publics sur cinq ans et une accélération du développement de Northern Metropolis.

En Cisjordanie occupée, des groupes israéliens de défense des droits ont annoncé un appel d’offres concernant 2 167 logements supplémentaires dans le cadre du projet E1. Selon Ir Amim, le nombre total d’unités concernées atteindrait 3 401. La question reste politiquement et juridiquement sensible.

Culture et entreprises sous pression

Le cinéma européen affiche parallèlement des signes de reprise. Après un été favorable aux salles, l’exploitant Vue étudie plusieurs options stratégiques, dont une éventuelle introduction en Bourse.

Dans le luxe, des documents judiciaires examinés par Reuters ont également remis en lumière un accord secret datant de 2002 impliquant LVMH et les actions Hermès de Nicolas Puech.

Pris séparément, ces dossiers relèvent de secteurs très différents. Ensemble, ils dessinent une économie où produire, financer, réguler et contrôler les infrastructures deviennent quatre dimensions de la compétition internationale.

Chiffres clés

  • 11 à 12 milliards de dollars de propositions d’investissement évoquées pour Semicon 2.0
  • 3 milliards de dollars recherchés par CoreWeave ;
  • 25 000 robotaxis au minimum envisagés par Bolt et Lucid.