Le président de la Commission des finances et du budget de l’ARP, Maher Kettari, évoque environ 3,5 milliards DT de déficit pour la STEG. Mais les chiffres qu’il avance déplacent le débat : le problème ne se limite pas aux factures impayées des ménages. Il renvoie surtout aux engagements financiers croisés entre l’État, la STEG et les structures publiques.

Le chiffre de 3,5 milliards DT doit d’abord être correctement qualifié. Il ne correspond pas, dans les éléments disponibles, à un nouvel état financier certifié de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz. Il s’agit d’un montant déclaré par Maher Kettari, vendredi 18 septembre 2026, et rapporté par les médias.

Cette précaution est essentielle pour comprendre ce que révèle réellement l’information.

2,5 milliards DT dus par l’État

Selon Maher Kettari, 2,5 milliards DT correspondent à des subventions que l’État n’aurait pas encore versées à la STEG.

Autre élément rapporté : sur les créances de l’entreprise, environ 500 MDT seulement seraient imputables aux citoyens, tandis que le reste concernerait principalement des institutions et structures publiques.

Le dossier prend alors une autre dimension. La question n’est plus simplement de savoir combien la STEG doit à ses fournisseurs et créanciers, mais aussi combien on lui doit.

Que représentent les 3,5 milliards DT évoqués pour la STEG ?  Il s’agit d’un montant avancé le 18 septembre 2026 par Maher Kettari et non d’un nouvel état financier certifié de la STEG. Selon ses déclarations rapportées par les médias, 2,5 milliards DT correspondraient notamment à des subventions que l’État n’aurait pas encore versées

Une dette qui circule dans le secteur public

Des données présentées quelques mois plus tôt permettent de mesurer l’ampleur du phénomène. Lors d’une audition parlementaire en juin 2026, les représentants de la STEG avaient fait état d’environ 7 356 MDT de dettes au 23 juin et de 6 061 MDT de créances non recouvrées auprès de différents clients ainsi que d’établissements publics et privés.

Ces montants ne doivent pas être directement comparés ou additionnés aux 3,5 milliards DT avancés vendredi : leurs périmètres et leurs définitions ne sont pas nécessairement identiques.

Ils mettent cependant en évidence un mécanisme plus profond : une entreprise publique peut être lourdement endettée tout en détenant elle-même plusieurs milliards de dinars de créances.

Pour les finances publiques tunisiennes, c’est cette dette circulaire État–entreprises publiques–fournisseurs qui constitue l’enjeu central. Derrière la question « combien doit la STEG ? » s’en impose donc une seconde : qui doit réellement de l’argent à qui, et quand ces créances seront-elles réglées ?

Chiffres clés

  • ≈ 3,5 milliards DT : montant qualifié de déficit global de la STEG par Maher Kettari.
  • 2,5 milliards DT : subventions que l’État n’aurait pas encore versées à la STEG, selon Kettari.
  • ≈ 500 MDT : créances imputées aux citoyens, selon la déclaration rapportée.
  • 7 356 MDT : dettes de la STEG au 23 juin 2026, selon les données présentées lors de l’audition parlementaire.
  • 6 061 MDT : créances non recouvrées annoncées lors de cette même audition.