La Tunisie importe désormais du lait et ses stocks stratégiques de produits avicoles seraient « pratiquement à zéro », selon Fathi Ben Khalifa, conseiller économique auprès de l’UTAP. Deux alertes qui mettent en lumière des fragilités différentes dans les filières d’élevage.

La première est structurelle. Fathi Ben Khalifa affirme que la Tunisie importe désormais du lait, une situation qu’il relie à la diminution progressive du cheptel laitier et à un prix payé aux producteurs devenu insuffisant pour couvrir leurs coûts.

Au-delà du prix, le responsable pointe également la productivité. Il avance un rendement moyen d’environ 3 580 litres par vache et par an, alors qu’il estime possible d’atteindre 5 000 à 6 000 litres.

Un manque à gagner estimé à 1,7 milliard DT

L’écart de rendement aurait un coût économique important. Fathi Ben Khalifa estime à environ 1,7 milliard de dinars par an le manque à gagner lié aux faibles rendements dans les filières lait et viande.

Ce montant, comme les niveaux de rendement avancés, constitue une estimation attribuée au conseiller économique de l’UTAP et non une évaluation officielle indépendamment établie.

Pourquoi la Tunisie importe-t-elle du lait selon l’UTAP ? Selon Fathi Ben Khalifa, la situation serait liée à la diminution progressive du cheptel laitier et à un prix payé aux producteurs insuffisant pour couvrir leurs coûts. Il pointe également un rendement moyen d’environ 3 580 litres par vache et par an.

Volaille : une alerte plus immédiate

La situation décrite dans l’aviculture relève d’une autre temporalité. Fathi Ben Khalifa affirme que les stocks stratégiques de produits avicoles sont « pratiquement à zéro ».

Il relie cette situation aux perturbations ayant affecté la production durant l’été, notamment les fortes chaleurs ainsi que les coupures d’électricité et d’eau.

La faiblesse alléguée des réserves devient alors un enjeu de capacité à absorber une baisse temporaire de production. Contrairement au lait, où l’alerte porte sur l’évolution du cheptel, les coûts et la productivité, le problème avicole décrit est celui de la disponibilité d’un stock permettant d’amortir les chocs.

Deux signaux à documenter

Les déclarations de l’UTAP dessinent ainsi deux vulnérabilités : une érosion structurelle de la capacité productive dans le lait et une marge de sécurité qui serait extrêmement réduite dans l’aviculture.

Reste à établir leur ampleur avec des données consolidées. Les volumes actuels d’importation de lait, l’évolution du cheptel et le niveau réel des stocks avicoles constituent les indicateurs essentiels pour mesurer la situation.

Chiffres clés

-3 580 litres par vache et par an : rendement moyen avancé ;

-5 000 à 6 000 litres : potentiel estimé ;

-environ 1,7 milliard DT/an : manque à gagner estimé dans le lait et la viande ;

-stocks avicoles : « pratiquement à zéro », selon Fathi Ben Khalifa.

Site : UTAP