Une délégation liée au Global Entrepreneur Programme britannique rencontre ce 17 septembre des entrepreneurs tunisiens. Derrière le networking, Londres poursuit un objectif précis : repérer des scale-ups internationales susceptibles de se développer depuis le Royaume-Uni.

Après avoir exposé ses startups à Londres, la Tunisie reçoit Londres à Tunis. Un bootcamp du Global Entrepreneur Programme (GEP) est annoncé ce 17 septembre, dans le prolongement de la participation tunisienne à la London Tech Week en juin.

Mais derrière la recherche de « pépites », l’objectif britannique mérite d’être précisé.

Le GEP, un instrument d’attractivités

Le GEP est un programme du gouvernement britannique destiné aux entreprises internationales innovantes en phase de croissance. Sa mission officielle est d’accompagner celles qui souhaitent établir au Royaume-Uni un siège international, une filiale ou un centre de recherche et développement, et utiliser le pays comme plateforme d’expansion.

Londres ne cherche donc pas simplement à observer ou financer des startups étrangères : le dispositif participe à l’attraction d’entreprises et d’activités technologiques sur le territoire britannique.

Le programme revendique plus de 1 400 entrepreneurs internationaux accompagnés en vingt ans. Les entreprises concernées ont levé plus de £2,5 milliards en fonds propres et créé plus de 10 000 emplois à forte valeur ajoutée.

Une opportunité à double tranchant

Pour les scale-ups tunisiennes, l’intérêt est évident : accès à des investisseurs, partenaires, clients et réseaux internationaux. Londres peut devenir une plateforme permettant d’accélérer leur développement au-delà du marché tunisien.

Mais cette ouverture pose aussi une question stratégique.

Si une entreprise conserve ses équipes technologiques, sa R&D et des emplois qualifiés en Tunisie tout en utilisant le Royaume-Uni pour lever des capitaux et conquérir des marchés, cette internationalisation peut renforcer l’écosystème tunisien.

Si les entreprises les plus prometteuses déplacent progressivement centres de décision, talents et propriété intellectuelle, le bilan devient plus ambigu.

Le GEP précise qu’un transfert intégral des opérations n’est pas obligatoire et que les entreprises accompagnées peuvent conserver des activités dans leur pays d’origine.

L’enjeu n’est donc pas seulement de savoir quelles startups Londres repérera à Tunis, mais où seront créés demain les emplois, la technologie et la valeur issus de leur croissance.

Pourquoi Londres s’intéresse-t-il aux startups tunisiennes ? Le Global Entrepreneur Programme britannique cherche des scale-ups internationales susceptibles de développer une présence au Royaume-Uni. Pour les entreprises tunisiennes, le dispositif peut ouvrir l’accès aux investisseurs et aux marchés internationaux, tout en posant la question du maintien en Tunisie des emplois, de la R&D et de la valeur technologique.

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