Une nouvelle caravane médicale militaire est organisée ce 17 septembre à Remada. Derrière cette intervention apparaît un enjeu plus structurel : l’accès régulier à la médecine spécialisée dans les territoires frontaliers du Sud tunisien.
Médecine générale, pédiatrie, ophtalmologie, soins dentaires, gastro-entérologie, dermatologie et ORL : plusieurs spécialités sont proposées ce 17 septembre 2026 à l’hôpital militaire de campagne de Remada.
L’opération n’est pas isolée. Selon les informations publiées ce jeudi, la Direction générale de la santé militaire a organisé sept caravanes multidisciplinaires en 2025, puis cinq au premier semestre 2026. Attention toutefois au périmètre : ces 12 caravanes concernent Remada, Tataouine et Dhehiba, et non Remada seule.
Plus de 2 000 bénéficiaires en 2025
Les sept opérations de 2025 auraient mobilisé 63 médecins et 60 cadres paramédicaux et bénéficié à plus de 2 000 citoyens. Consultations, analyses, radiologie, échographie, traitements et médicaments figuraient parmi les prestations rapportées.
Cette répétition éclaire la fonction de ces dispositifs : déplacer ponctuellement des spécialistes vers les populations plutôt que faire reposer entièrement l’accès aux consultations sur le déplacement des patients.
La logique est ancienne. En février 2024, une caravane militaire destinée aux habitants de Remada et Dhehiba proposait déjà six spécialités. En septembre 2024, le ministère de la Défense annonçait à Remada une opération couvrant 11 spécialités, dont la cardiologie, l’ophtalmologie, la gynécologie-obstétrique et l’orthopédie.
Pourquoi les caravanes médicales se multiplient-elles à Remada et Tataouine ? Elles permettent de rapprocher ponctuellement plusieurs spécialités médicales des habitants des territoires frontaliers. Douze caravanes sont rapportées pour 2025 et le premier semestre 2026 à Remada, Tataouine et Dhehiba, mais les données disponibles ne permettent pas de quantifier précisément le déficit permanent de spécialistes.
Une réponse mobile à un enjeu durable
La fréquence des caravanes ne suffit toutefois pas à mesurer un éventuel déficit de médecins spécialistes. Les sources accessibles ne fournissent pas de données récentes permettant de chiffrer précisément les besoins permanents de Remada.
Elle montre en revanche qu’une partie de la réponse sanitaire repose régulièrement sur la mobilité des équipes médicales.
L’enjeu dépasse donc le nombre de caravanes organisées. Pour mesurer leur impact, il faudrait aussi disposer des délais d’accès aux spécialistes, du nombre de consultations et d’orientations hospitalières, ainsi que de l’évolution de l’offre permanente.
Dans les régions frontalières, la question centrale reste finalement celle-ci : comment garantir l’accès aux soins spécialisés entre deux caravanes médicales ?
Chiffres clés
-12 caravanes rapportées en 2025 et au premier semestre 2026.
-7 en 2025 et 5 au premier semestre 2026.
-Plus de 2 000 bénéficiaires rapportés en 2025.
-63 médecins et 60 cadres paramédicaux mobilisés en 2025.
-11 spécialités proposées à Remada en septembre 2024.
Site : Ministère Santé


