Après les mois secs de l’été, septembre marque habituellement une reprise sensible des précipitations en Tunisie. Les épisodes orageux enregistrés en ce début de mois rappellent toutefois une caractéristique essentielle du climat tunisien : la pluie reste très inégalement répartie entre le Nord, le Centre et le Sud.
En Tunisie, septembre n’est pas encore pleinement l’automne météorologique dans toutes les régions, mais il constitue un mois charnière pour la pluviométrie. Selon les normales climatologiques 1991-2020 communiquées par l’Institut National de la Météorologie (INM), les cumuls mensuels habituels atteignent généralement 38 à 80 millimètres dans le Nord et le Centre, contre seulement 9 à 34 millimètres dans le Sud.
Ces moyennes donnent la mesure des écarts territoriaux. Dans le Nord, notamment les régions les plus exposées aux perturbations méditerranéennes, quelques épisodes pluvieux peuvent rapidement représenter une fraction importante de la normale mensuelle. Dans le Centre, la variabilité est plus forte. Au Sud, où la normale de septembre reste faible, un seul orage intense peut parfois faire basculer rapidement le cumul mensuel au-dessus de la moyenne.
Un début de septembre marqué par les orages
Cette variabilité s’est illustrée les 10 et 11 septembre 2026, avec des pluies parfois fortes touchant le Nord et localement le Centre. L’INM avait annoncé des cellules orageuses susceptibles de produire localement 40 à 60 mm. À Tunis, les précipitations ont notamment nécessité des interventions de la Protection civile pour dégager des véhicules et assister des personnes.
Au total, la Protection civile a fait état de 258 interventions liées aux conséquences des pluies en vingt-quatre heures entre les 10 et 11 septembre.
Une pluie précieuse, mais pas partout de la même manière
Pour l’agriculture et les ressources hydriques, l’intérêt de septembre dépasse donc le simple cumul national. La localisation, l’intensité et la durée des précipitations sont déterminantes : une pluie régulière favorise davantage l’humidification des sols et les apports hydriques qu’un épisode très concentré susceptible de provoquer ruissellements et inondations.
Au 12 septembre, il est encore trop tôt pour qualifier septembre 2026 de mois excédentaire ou déficitaire à l’échelle nationale. Le véritable bilan dépendra des pluies enregistrées durant les deux dernières semaines du mois et de leur répartition entre régions.
CHIFFRES CLÉS : 38 à 80 mm de pluie normalement en septembre au Nord et au Centre ; 9 à 34 mm au Sud ; jusqu’à 40-60 mm localement annoncés lors de l’épisode du 10 septembre ; 258 interventions de la Protection civile liées aux pluies en 24 heures.


