Quatre organisations professionnelles agricoles féminines de Jendouba bénéficient d’un appui de la FAO pour mieux transformer et valoriser leurs produits. L’objectif est clair : faire en sorte que les femmes rurales captent davantage de valeur après la production.
À Jendouba, le défi n’est plus seulement de produire. Il est de transformer, conditionner, respecter les standards de qualité et vendre à de meilleures conditions.
C’est dans cette logique que la FAO accompagne quatre organisations professionnelles agricoles féminines implantées à Balta, Tabarka et Babouch : Khayrat Chahda, Khayrat Nissa Tabarka, Al Hamdia et Nassim Kroumir. La mission annoncée le 9 septembre 2026 comprend des formations pratiques, un accompagnement technique, l’utilisation d’équipements de transformation ainsi qu’un diagnostic des besoins.
L’enjeu est économique. Vendre une matière première agricole et commercialiser un produit transformé ne génèrent ni les mêmes marges ni les mêmes débouchés. La transformation peut réduire les pertes, prolonger la conservation et améliorer le positionnement commercial. Elle impose toutefois des contraintes supplémentaires : régularité de la qualité, hygiène, emballage, accès au marché et maîtrise des coûts.
Des résultats déjà visibles sur la formation
L’opération s’inscrit dans le Programme conjoint pour l’autonomisation économique des femmes rurales, mis en œuvre notamment à Jendouba et Kairouan.
Selon la FAO, 18 organisations professionnelles féminines ont été accompagnées dans les deux gouvernorats, avec 44 formateurs relais, plus de 600 femmes rurales directement bénéficiaires et 102 journées de formation.
Les Nations unies indiquaient de leur côté, en février 2026, que plus de 2 200 femmes avaient déjà bénéficié du programme conjoint au sens large. Ce chiffre couvre un périmètre d’intervention plus étendu que la seule composante de formation documentée par la FAO.
La progression des capacités est donc documentée. L’impact économique l’est beaucoup moins.
Aucune donnée publique consultée ne permet encore de connaître l’évolution du chiffre d’affaires des quatre organisations concernées, leurs marges, le volume de produits transformés ou le revenu supplémentaire généré pour les adhérentes. Le véritable indicateur de réussite sera donc commercial : transformer les compétences acquises en ventes régulières et rentables.
Les chiffres clés
- 4 organisations féminines accompagnées à Jendouba
- 18 organisations soutenues à Jendouba et Kairouan
- 44 formateurs relais mobilisés
- Plus de 600 femmes directement bénéficiaires d’actions de renforcement des capacités
- 102 journées de formation
- Plus de 2 200 femmes accompagnées dans le programme conjoint au sens large
ENCADRÉ — FAO en Tunisie : au-delà des femmes rurales
L’appui aux organisations féminines s’inscrit dans un portefeuille plus large. En Tunisie, la FAO intervient notamment sur la gestion de l’eau, l’adaptation au changement climatique, l’agriculture biologique, la protection des cultures, les forêts, la pêche et l’organisation des filières. Parmi les projets récents figurent TEC-EAU sur les technologies d’économie d’eau, WaPOR sur la productivité de l’eau agricole, un programme de soutien à l’agriculture biologique et BLUE STEP sur la chaîne de valeur du crabe bleu.
Le fil conducteur est le même : produire mieux, réduire les vulnérabilités et surtout créer davantage de valeur localement.
À surveiller
Pour Jendouba, la prochaine étape sera décisive : mesurer non plus les formations dispensées, mais les volumes vendus, les nouveaux marchés ouverts et les revenus effectivement gagnés par les femmes rurales.


