La Tunisie obtient seulement 20 points sur 100 dans la composante « liberté d’investissement » du 2026 Index of Economic Freedom de la Heritage Foundation, contre 30 en 2025 et 40 en 2023. Selon TheGlobalEconomy, il s’agit du niveau le plus faible enregistré depuis 1995. Un signal négatif sur l’environnement réglementaire, qui ne signifie toutefois pas que les investissements étrangers ont cessé de progresser.
La Tunisie recule encore dans l’évaluation de la liberté d’investissement. La Heritage Foundation lui attribue 20/100 en 2026, soit dix points de moins qu’en 2025 et moitié moins qu’en 2023.
TheGlobalEconomy, qui reprend la série historique de Heritage, situe ce score au minimum de la période 1995-2026. Sur l’ensemble de la série, la moyenne tunisienne atteint 45 points, contre une moyenne mondiale de 53 en 2026.
La Tunisie se classe ainsi 164e sur 175 économies pour cette composante particulière.
Ce que mesure réellement l’indicateur
Le score ne mesure pas directement les montants investis dans le pays. Heritage cherche plutôt à évaluer la capacité des capitaux à circuler librement et les contraintes auxquelles sont confrontés les investisseurs.
La méthodologie prend notamment en compte le traitement des investissements étrangers, les restrictions sectorielles, les limitations à la propriété, les contrôles des changes, les restrictions sur les paiements et transferts ainsi que les mouvements de capitaux.
Une note faible traduit donc, selon la grille de lecture de Heritage, un environnement jugé plus restrictif et moins prévisible pour les investisseurs.
L’indicateur doit néanmoins être interprété avec prudence. La Heritage Foundation défend explicitement une conception libérale de l’économie privilégiant la libre entreprise et une intervention publique limitée. Sa notation constitue donc un indicateur composite, et non une statistique officielle comparable au PIB ou aux flux d’investissements directs étrangers.
Des IDE pourtant en progression
La chute de la note ne signifie pas que les capitaux étrangers désertent automatiquement la Tunisie.
Selon l’Agence de promotion de l’investissement extérieur, les investissements internationaux reçus par le pays ont atteint 2,589 milliards de dinars sur les neuf premiers mois de 2025, en hausse de 28,1 % sur un an.
Les investissements directs étrangers représentaient 2,536 milliards de dinars. L’industrie concentrait 63,6 % des IDE, devant l’énergie avec 19,5 % et les services avec 14,4 %.
Cette coexistence entre un score Heritage très faible et des flux d’IDE en hausse n’est pas contradictoire. Des entreprises déjà implantées peuvent continuer à développer leurs activités malgré un environnement réglementaire complexe.
Au premier semestre 2025, la FIPA indiquait d’ailleurs que 93 % des opérations d’investissement recensées étaient des extensions de projets existants, contre seulement 7 % de créations.
La véritable question est donc moins de savoir si la Tunisie reçoit encore des capitaux que de déterminer sa capacité à attirer de nouveaux investisseurs, diversifier les projets et réduire les contraintes pesant sur les transferts, les procédures et la circulation des capitaux.
Chiffres clés
- 20/100 : score de liberté d’investissement en 2026
- 30/100 : score en 2025
- 40/100 : score en 2023
- 20 points : minimum depuis 1995
- 53/100 : moyenne mondiale en 2026
- 164e sur 175 : classement de la Tunisie
- 2,589 milliards de dinars : investissements internationaux sur neuf mois en 2025
- +28,1 % : progression annuelle de ces investissements
- 63,6 % : part de l’industrie dans les IDE
- 93 % : part des extensions parmi les opérations recensées au premier semestre 2025


