Fitch a maintenu la note souveraine française à A+ avec une perspective stable. Mais la stagnation du PIB, la remontée de l’inflation et une dette déjà supérieure à 117 % du PIB continuent de fragiliser la trajectoire budgétaire de Paris.
La France a évité une nouvelle dégradation de sa note souveraine. Elle n’a pas, pour autant, dissipé les inquiétudes qui entourent ses finances publiques.
Fitch Ratings a maintenu la note française à A+, assortie d’une perspective stable. Une décision qui réduit, à court terme, le risque d’un nouveau signal négatif envoyé aux marchés. Mais presque simultanément, l’Insee a confirmé une réalité moins rassurante : le produit intérieur brut a stagné au deuxième trimestre 2026, après une contraction de 0,2 % au premier trimestre.
Le problème français tient désormais moins à la notation elle-même qu’à la faiblesse de la croissance qui sous-tend les comptes publics.
Une croissance trop faible pour faciliter l’ajustement
L’Insee a révisé à 0,0 % la croissance du deuxième trimestre, contre une première estimation de +0,2 %. L’acquis de croissance pour l’ensemble de 2026 n’est ainsi plus que de 0,3 %, alors que le gouvernement vise encore une progression annuelle de 0,7 %.
La consommation des ménages a certes augmenté de 0,3 % et les exportations de 2,9 %, soutenues notamment par l’aéronautique. Mais l’investissement a reculé de 0,3 % et les variations de stocks ont fortement pesé sur l’activité.
Cette faiblesse complique directement l’équation budgétaire. Une économie qui croît peu génère moins facilement les recettes nécessaires pour réduire le déficit, tandis qu’un PIB peu dynamique rend plus difficile la stabilisation du ratio de dette.
Fitch reste prudent
Le maintien de la note ne vaut d’ailleurs pas validation de la trajectoire annoncée par Paris.
Fitch prévoit un déficit public de 5,2 % du PIB en 2026, au-dessus de l’objectif gouvernemental de 5,0 %. L’agence anticipe ensuite 5,5 % en 2027, tandis que la dette publique pourrait atteindre 122,7 % du PIB en 2028.
La France part déjà d’un niveau élevé : la dette représentait 117,5 % du PIB à la fin du premier trimestre 2026, soit plus de 3 500 milliards d’euros.
À cette contrainte s’ajoute une remontée des prix. En août, l’inflation atteint 2,4 % selon l’indice national, et 2,7 % selon l’indice harmonisé européen, principalement sous l’effet de l’énergie.
Pour les ménages, cette accélération réduit une partie du bénéfice attendu du reflux inflationniste observé précédemment. Pour l’État, elle ne compense pas le principal problème : une activité trop faible pour faciliter le redressement des comptes.
Les chiffres clés
0,0 % — croissance du PIB au T2 2026
-0,2 % — croissance au T1 2026
+0,3 % — acquis de croissance pour 2026
2,7 % — inflation harmonisée en août
A+ — note de la France chez Fitch
5,2 % du PIB — déficit 2026 prévu par Fitch
117,5 % du PIB — dette publique au T1 2026
122,7 % — dette anticipée par Fitch en 2028
Le maintien de la note offre donc un répit, pas une solution. La prochaine étape décisive sera la capacité de l’économie française à retrouver de la croissance au second semestre. Sans reprise plus nette, les objectifs de déficit deviendront plus difficiles à tenir — et la pression des agences comme des investisseurs pourrait rapidement revenir.


