
La STEG affirme qu’elle ne peut investir dans ses capacités de production et son réseau, car des organismes publics ne règlent pas leurs factures.
Le secteur privé, lui, attend le règlement de factures dues par l’État et les entreprises publiques, ainsi que le remboursement de crédits de TVA, tout en étant sommé de payer ses impôts, cotisations sociales, salaires, banques et fournisseurs.
Résultat : trésoreries asphyxiées, dettes accumulées, investissements bloqués et une pression financière qui se propage à toute l’économie.
Une solution connue mais ignorée
Depuis quinze ans, nous appelons à une véritable compensation des dettes croisées. Sans résultat.
- Recenser toutes les créances et dettes réciproques
- Rapprocher et certifier les comptes
- Intégrer les crédits de TVA et créances fiscales remboursables
- Mettre en œuvre une compensation multilatérale
- Établir un échéancier pour les seuls soldes nets restant à payer
Cette méthode ne nécessite pas de milliards immédiats : elle consiste à éteindre la dette par la dette, libérer des liquidités immobilisées, assainir les bilans et restaurer la confiance.
Un double standard intenable
Exiger des citoyens et des entreprises qu’ils respectent scrupuleusement leurs échéances, alors que l’État diffère indéfiniment le règlement de ses propres dettes, relève d’une logique inacceptable : « Faites ce que je dis, pas ce que je fais. »
Chaque mois perdu aggrave les tensions de trésorerie, freine l’investissement, augmente le coût du financement et fragilise les entreprises comme les services publics essentiels.
Le pouvoir exécutif porte la responsabilité de briser cette chaîne. Le problème est identifié depuis des années, les solutions techniques existent, mais l’inaction persiste.
Plutôt que de chercher qui « attise la situation », il faut démêler cette toile de dettes qui étrangle simultanément l’État, la STEG, les entreprises publiques et le secteur privé.
Car parfois, l’État n’a pas besoin de nouveaux milliards : il doit simplement remettre en circulation ceux que son propre immobilisme a gelés.


