Les exportations turques vers la Tunisie ont dépassé 720 millions de dollars sur les sept premiers mois de 2026, en hausse de 9,9 %. Une progression qui prolonge une relation commerciale structurellement favorable à Ankara, malgré le développement des ventes tunisiennes vers le marché turc.
La Turquie continue de gagner du terrain sur le marché tunisien. Entre janvier et juillet 2026, ses exportations vers la Tunisie ont dépassé 720 millions de dollars, soit une progression de 9,9 % sur un an, selon l’Assemblée des exportateurs turcs (TİM), citée par Anadolu. En juillet seulement, elles ont atteint 101 millions de dollars, mais leur hausse s’est limitée à 0,3 %, signalant un net ralentissement mensuel.
Cette progression intervient dans une relation commerciale historiquement déséquilibrée. Selon le ministère turc du Commerce, les échanges bilatéraux ont atteint 1,642 milliard de dollars en 2021, puis un sommet récent de 2,094 milliards en 2022. Le volume est ensuite retombé à 1,541 milliard en 2023 et 1,422 milliard en 2024, avant de remonter à 1,589 milliard de dollars en 2025.
Sur ces cinq années, la balance est systématiquement restée favorable à la Turquie. Ses exportations vers la Tunisie sont passées de 1,376 milliard de dollars en 2021 à 1,598 milliard en 2022, avant de revenir à 1,248 milliard en 2023 et 1,114 milliard en 2024. Elles ont rebondi à 1,243 milliard en 2025. Dans l’autre sens, les exportations tunisiennes vers la Turquie ont représenté respectivement 266, 496, 293, 309 et 346 millions de dollars. L’excédent turc atteignait ainsi encore 896 millions de dollars en 2025.
Machines, acier et coton dominent les ventes turques
Les données UN Comtrade pour 2025 permettent de préciser la structure des échanges. À l’échelle des grandes catégories douanières HS2, les cinq premières exportations turques vers la Tunisie sont les machines et équipements mécaniques, avec 124,7 millions de dollars, suivis du fer et de l’acier (114,4 millions), du coton (111,6 millions), des véhicules automobiles (95,9 millions) et des matières plastiques (90 millions).
Le textile apparaît donc bien dans les flux, mais il serait excessif de le présenter comme leur composante dominante : les importations tunisiennes en provenance de Turquie sont largement diversifiées entre intrants industriels, équipements, métaux, transport et textile.
La Tunisie vend surtout des équipements électriques et des engrais
Dans l’autre sens, les exportations tunisiennes vers la Turquie restent plus concentrées. En 2025, les équipements électriques et électroniques arrivent largement en tête avec 105,1 millions de dollars. Suivent les engrais (37 millions), les véhicules et composants automobiles (24,7 millions), les produits chimiques inorganiques, dont les dérivés phosphatés (19,7 millions), et les machines et équipements mécaniques (18,3 millions).
Ces chiffres mettent en évidence un paradoxe : la Tunisie exporte vers la Turquie des produits industriels à valeur ajoutée et des dérivés de ses ressources phosphatières, mais dans des volumes encore insuffisants pour équilibrer les achats réalisés auprès des entreprises turques.
À court terme, la hausse de 9,9 % enregistrée en 2026 suggère que le déficit bilatéral pourrait rester élevé. Pour la Tunisie, l’enjeu n’est donc pas seulement de contenir les importations, mais surtout d’élargir et de diversifier son offre exportable vers un marché turc de plus de 85 millions de consommateurs.



