huile d'oliveLa Tunisie a généré 4,605 milliards de dinars de recettes grâce aux exportations d’huile d’olive durant les neuf premiers mois de la campagne 2025/2026, soit environ 1,6 milliard de dollars. Une performance portée par des volumes en forte hausse, mais qui masque une faiblesse persistante : 86% de l’huile exportée quitte encore le pays en vrac.

Entre novembre 2025 et juillet 2026, la Tunisie a exporté environ 368 000 tonnes d’huile d’olive, soit une progression de 55,3% sur un an, selon les données de l’Observatoire national de l’agriculture. Les recettes ont augmenté de 44,4% pour atteindre 4,605 milliards de dinars.

Le vrac domine toujours les exportations

Derrière cette performance se pose la question de la valeur effectivement captée par l’économie tunisienne. Sur les volumes exportés, seulement 51 500 tonnes étaient conditionnées, soit 14% du total. Les 86% restantes ont été commercialisées en vrac.

Cette structure limite la capacité des entreprises tunisiennes à capter les marges liées à l’embouteillage, au marketing, aux marques et à la distribution internationale. Une partie de l’huile expédiée vers de grands marchés comme l’Espagne ou l’Italie entre ainsi dans des chaînes de transformation et de commercialisation contrôlées par des opérateurs étrangers.

Le contraste apparaît aussi dans les recettes. L’huile conditionnée représente 14% des volumes, mais 18,6% des revenus d’exportation. Sur la base des données disponibles, sa valeur moyenne par kilogramme est sensiblement supérieure à celle des exportations en vrac.

Cet écart ne constitue pas automatiquement une marge nette supplémentaire, car le conditionnement entraîne des coûts additionnels. Il montre néanmoins qu’une montée en gamme permettrait à la Tunisie de conserver davantage de valeur sur son territoire.

Passer des volumes aux marques

Le potentiel existe. L’huile extra-vierge représente plus de 83% des volumes exportés pendant la campagne actuelle. Le défi n’est donc pas uniquement lié à la qualité du produit, mais à sa transformation en actif commercial : marques reconnues, emballages adaptés, certifications, marketing et accès direct aux chaînes de distribution.

La progression actuelle révèle également une autre fragilité. Les volumes exportés augmentent plus rapidement que les recettes, signe que la filière reste exposée aux variations des prix internationaux.

Pour la Tunisie, la prochaine étape consiste donc moins à battre de nouveaux records de tonnage qu’à augmenter la valeur générée par chaque tonne exportée. Le principal indicateur à surveiller sera désormais la part de l’huile conditionnée.

À seulement 14%, elle montre que l’essentiel du potentiel de valorisation reste encore à exploiter.