Giorgia MeloniL’Italie consolide sa place de premier fournisseur européen de la Tunisie en 2026. Derrière les 6,66 milliards de dinars d’importations enregistrées sur les sept premiers mois de l’année se trouvent surtout des produits destinés à l’industrie : métallurgie, équipements électriques, textile, machines, produits pétroliers raffinés, plastiques et chimie.

L’Italie creuse son avantage sur ses concurrents européens sur le marché tunisien. Entre janvier et juillet 2026, les importations tunisiennes en provenance de la péninsule ont atteint environ 6,66 milliards de dinars, en hausse de 16,6 % sur un an. Rome devance ainsi la France et occupe le deuxième rang mondial des fournisseurs de la Tunisie, derrière la Chine, dont les ventes atteignent environ 6,87 milliards de dinars.

Mais la nature des produits importés est au moins aussi importante que le classement. Les données détaillées de l’Agence italienne pour le commerce extérieur (ICE), établies à partir des statistiques de l’ISTAT, montrent que les échanges avec l’Italie alimentent largement l’appareil productif tunisien.

Métallurgie, textile et équipements en tête

Au premier trimestre 2026, les produits métallurgiques constituaient la première catégorie d’exportations italiennes vers la Tunisie, avec environ 178 millions d’euros, en hausse de près de 25 % sur un an. Ils comprennent notamment des métaux et produits semi-finis utilisés dans l’industrie et la construction.

Viennent ensuite les équipements électriques, avec plus de 112 millions d’euros, puis les produits textiles, à environ 101 millions d’euros. Ce dernier poste illustre l’intégration des industries tunisiennes de l’habillement aux chaînes de valeur italiennes : tissus et matières intermédiaires importés peuvent être transformés localement avant réexportation vers les marchés européens.

Les machines et équipements industriels représentent également un flux important, avec environ 84 millions d’euros au premier trimestre, en progression de 9,4 %. Machines-outils, équipements de production et autres biens d’investissement participent directement aux besoins de modernisation des entreprises tunisiennes.

Raffinage, plastiques et chimie complètent le panier

La facture italienne comprend aussi près de 69 millions d’euros de produits issus du raffinage pétrolier, en hausse de plus de 40 %, ainsi que près de 55 millions d’euros d’articles en caoutchouc et matières plastiques et environ 48 millions d’euros de produits chimiques.

À cela s’ajoutent les produits en cuir, les équipements électroniques et optiques, les ouvrages métalliques, le papier ainsi que les véhicules et pièces liés au transport.

Cette composition permet de nuancer l’idée d’une simple hausse des achats de consommation. Une part importante des marchandises venues d’Italie correspond à des intrants, demi-produits et équipements utilisés par les entreprises tunisiennes. L’ambassade d’Italie souligne d’ailleurs le poids des produits textiles, métallurgiques et semi-finis dans l’approvisionnement industriel tunisien.

La montée de l’Italie doit toutefois être observée à l’aune du déficit commercial tunisien. Sur les sept premiers mois de 2026, les importations totales du pays ont augmenté de 13,7 %, plus rapidement que les exportations, portant le déficit commercial à près de 15 milliards de dinars.

Le véritable enjeu sera donc de savoir dans quelle mesure ces importations italiennes renforcent la capacité productive et exportatrice de la Tunisie plutôt qu’elles n’alourdissent durablement sa facture extérieure.

EN BREF

  • 6,66 milliards de dinars : Le montant des importations tunisiennes en provenance d’Italie entre janvier et juillet 2026, en hausse de 16,6 %.
  • Deuxième fournisseur mondial : L’Italie devance la France et se positionne juste derrière la Chine sur le marché tunisien.
  • Intrants industriels prioritaires : Métallurgie, textile et équipements électriques constituent le cœur des flux d’approvisionnement transalpins.
  • Hausse du raffinage : Les produits issus du raffinage pétrolier affichent une progression de plus de 40 % sur un an.
  • Défi commercial : Ces importations alimentent l’appareil productif dans un contexte de déficit commercial global s’élevant à près de 15 milliards de dinars.