La Banque centrale de Tunisie a relevé les plafonds de crédit applicables aux cultures céréalières. Le financement peut désormais atteindre 1 930 dinars par hectare pour le blé et les légumineuses irrigués. Mais la circulaire confirme aussi que ces montants restent des plafonds : la banque conserve la main sur le crédit effectivement accordé.
La circulaire n°7 de la Banque centrale de Tunisie, datée du 7 août 2026 et publiée au Journal officiel du 18 août, revoit les barèmes de financement des cultures céréalières prévus par la réglementation bancaire.
Pour le blé dur, le blé tendre et les légumineuses, le plafond est fixé à 1 415 dinars par hectare en première zone pluviale, 1 175 dinars en deuxième zone et 1 930 dinars en irrigué. Pour l’orge, les barèmes atteignent respectivement 940, 890 et 350 dinars par hectare dans les trois zones pluviales.
L’échéance de remboursement est fixée au 31 août.
La circulaire couvre également les fourrages : 1 030 dinars par hectare pour les cultures hivernales en sec, remboursables au 31 août, et 1 260 dinars pour les cultures fourragères estivales irriguées, avec une échéance au 30 septembre.
Le plafond ne garantit pas le montant versé
La précision la plus importante se trouve sous le tableau des nouveaux barèmes.
La BCT indique explicitement que ces montants représentent un plafond maximal d’intervention. La banque doit ajuster le crédit effectivement consenti selon plusieurs paramètres : la superficie emblavée, les dépenses déjà engagées et celles prévues, le rendement estimatif de l’exploitation ainsi que les quantités commercialisées au cours de la campagne précédente.
Autrement dit, un exploitant cultivant du blé irrigué ne bénéficie pas automatiquement de 1 930 dinars par hectare.
C’est précisément là que se situe l’enjeu économique de la réforme. La Banque centrale relève la capacité réglementaire de financement, mais elle ne modifie pas fondamentalement l’analyse du risque effectuée par chaque établissement bancaire.
Les coûts de production restent la grande inconnue
Une question demeure également sans réponse dans la circulaire : dans quelle mesure ces plafonds correspondent-ils au coût réel d’une campagne agricole en 2026 ?
Semences, engrais, produits phytosanitaires, carburant, irrigation, mécanisation et main-d’œuvre composent une facture très variable selon les régions et les exploitations.
En l’absence d’un référentiel public récent et suffisamment détaillé des coûts complets de production par hectare, il serait imprudent d’affirmer que le plafond de 1 930 dinars couvre effectivement les besoins d’un producteur de blé irrigué.
La portée réelle de la circulaire devra donc être mesurée ailleurs que dans le barème lui-même : montants effectivement débloqués, nombre d’agriculteurs financés et part des charges de campagne couverte par les prêts.
La BCT vient de relever le plafond réglementaire. Le prochain test se jouera dans les agences bancaires : non pas combien les banques peuvent prêter, mais combien elles accepteront réellement de financer.
Chiffres clés
- 1 930 DT/ha : plafond pour le blé dur, le blé tendre et les légumineuses en irrigué.
- 1 415 DT/ha : plafond pour ces mêmes cultures en première zone pluviale.
- 1 175 DT/ha : plafond en deuxième zone pluviale.
- 940 DT/ha : plafond pour l’orge en zone pluviale 1.
- 890 DT/ha : plafond pour l’orge en zone pluviale 2.
- 350 DT/ha : plafond pour l’orge en zone pluviale 3.
- 1 030 DT/ha : plafond pour les fourrages hivernaux en sec.
- 1 260 DT/ha : plafond pour les fourrages estivaux irrigués.
- 31 août : échéance de remboursement pour les céréales et les fourrages hivernaux.
- 30 septembre : échéance pour les fourrages estivaux.


