Entre maison de retraite et résidence hôtelière, une offre destinée aux seniors se développe en Tunisie, avec des tarifs annoncés de 1 200 à 4 000 euros par mois. Le marché vise aussi des retraités européens, mais son essor reste difficile à quantifier et la comparaison avec les Ehpad français doit être maniée avec prudence.
Piscine, jardin, vue sur mer, services hôteliers et assistance sanitaire permanente : certaines résidences tunisiennes cherchent désormais à séduire une clientèle âgée venue d’Europe en combinant hébergement, confort touristique et accompagnement médicalisé.
Une dépêche d’ANSAmed publiée le 14 août 2026 identifie notamment Tunis, Hammamet, Sousse, Monastir, Djerba et Sfax parmi les villes où cette offre se développe. Certaines structures annoncent une assistance sanitaire 24 heures sur 24 et du personnel francophone. Les tarifs affichés se situeraient généralement entre 1 200 et 4 000 euros par mois, selon l’établissement et le degré de dépendance du résident.
Le prix, premier argument commercial
La Tunisie bénéficie d’un différentiel de coûts susceptible d’attirer certaines familles européennes. ANSA relève que les tarifs des Ehpad privés français dépassent fréquemment 3 000 euros par mois et que les résidences sanitaires assistées peuvent également atteindre ce niveau en Italie.
La comparaison a toutefois ses limites. Un Ehpad français est un établissement médico-social réglementé, avec une tarification distinguant notamment hébergement, dépendance et soins. Les soins et une partie du matériel médical sont pris en charge par l’Assurance maladie. Une résidence privée tunisienne ne peut donc pas être assimilée automatiquement à un Ehpad sur la seule base de ses prestations ou de son prix.
Le véritable avantage compétitif tunisien se situe davantage dans une combinaison de facteurs : coût du travail plus faible, proximité de l’Europe, climat méditerranéen et disponibilité de professionnels francophones.
Un marché porté aussi par le vieillissement tunisien
Cette activité ne dépend pas uniquement d’une clientèle étrangère. La Tunisie vieillit rapidement. Le Recensement général de la population et de l’habitat 2024 chiffre à 16,9 % la part des personnes âgées de 60 ans et plus, contre 11,7 % en 2014. La population totale s’établissait à 11,97 millions d’habitants.
Cette évolution élargit mécaniquement les besoins en hébergement, soins de longue durée et assistance à domicile. Mais parler déjà de « boom » des résidences privées serait prématuré : ANSA souligne qu’aucune statistique officielle actualisée ne permet encore de mesurer précisément le nombre d’établissements ou de résidents étrangers.
Pour la Tunisie, le segment ouvre néanmoins une piste à la frontière de la silver économie, du tourisme et de la santé. Son développement dépendra moins des piscines ou des tarifs affichés que de la capacité des opérateurs à démontrer la qualité des soins, leur continuité, l’encadrement des établissements et la protection des résidents.
C’est sur ces critères que se jouera la crédibilité d’une éventuelle « retraite au soleil » tunisienne auprès des familles européennes.


