Au cœur de la médina de Tunis, le village artisanal « Dar El Ficra » fait des savoir-faire de femmes artisanes un véritable levier de création de projets économiques, en leur offrant formation, accompagnement et un espace dédié à l’exposition et à la commercialisation de leurs produits.
Relevant de la Fondation Agir contre l’exclusion (FACE – Tunisie), ce village artisanal abrite des ateliers spécialisés dans l’artisanat, la broderie et la couture, ainsi que dans la fabrication de bijoux, d’accessoires, de pâtisseries et d’autres métiers manuels, offrant aux femmes l’opportunité de développer leurs compétences et d’acquérir une expérience pratique pouvant déboucher sur la création et le développement de leurs propres projets.
Le village Dar El Ficra, un espace ouvert aux artisanes issues des différentes régions du pays
Dans une déclaration à l’agence TAP, la présidente de l’association, Zohra Ben Nasr a indiqué que ce projet “Dar El Ficra” a pour objectif de préserver le patrimoine, de consacrer l’autonomisation économique des femmes et de les format à l’artisanat.
Selon elle, ce village demeure un espace ouvert aux artisanes issues des différentes régions du pays, leur permettant d’exposer et de faire connaître leurs projets, précisant que 60 femmes ont été formées au sein du village, tandis que 200 autres ont bénéficié, en 2026, de programmes de formation destinés aux différentes régions du pays.
Elle a ajouté que son association œuvre en faveur de l’autonomisation économique des femmes depuis sa création en 2014, à travers des programmes adaptés aux spécificités de chaque région. L’objectif étant de valoriser les ressources et les savoir-faire locaux tout en contribuant à la préservation du patrimoine artisanal national.
Financement et commercialisation
Evoquant les défis auxquels sont confrontés les femmes artisanes lors du passage de la formation à la concrétisation de leurs projets, notamment en matière de financement et de commercialisation, Ben Nasr a fait savoir que le partenariat entre l’association, le ministère de la Femme ainsi et l’institution financière Microcred vise à faciliter l’accès aux mécanismes de financement et à aider les femmes à développer leurs projets et leur perennité.
C’est dans ce contexte que le village ” Dar El Ficra” a abrité une cérémonie en l’honneur de plusieurs femmes artisanes, à l’initiative de Face Tunisie, en partenariat avec le ministère de la Femme, DVV International Tunisie et l’institution financière « Microcred », à l’occasion de la célébration de la Fête de la Femme tunisienne, le 13 août.
Cette cérémonie a été l’occasion de mettre en lumière les parcours de femmes artisanes ayant bénéficié de formations dans les métiers de l’artisanat et des industries traditionnelles, avant de se lancer dans leurs propres projets.
Success Stories
Parmi les bénéficiaires figure Kaouther Ben Hammouda, éducatrice de la petite enfance, qui a découvert l’association sur les réseaux sociaux après avoir vu une annonce concernant une formation en bijouterie.
Elle souhaitait, dans un premier temps, apprendre ce métier pour confectionner des pièces pour son usage personnel, avant que son intérêt ne l’oriente progressivement vers la création de sa propre petite entreprise.
Après quatre mois de formation intensive, Kawther a commencé à mettre ses compétences en pratique en réalisant ses premières créations. La qualité de ses pièces a rapidement séduit son entourage familial, qui a commencé à acheter ses produits.
Elle a ensuite créé une page sur les réseaux sociaux pour présenter et commercialiser ses créations, ce qui lui a permis, selon elle, d’élargir progressivement sa clientèle.
De son côté, Maha El Mouhajer, directrice retraitée d’un jardin d’enfants, a suivi un autre parcours dans le domaine de la formation artisanale.
Elle a intégré, en octobre dernier, une formation en fabrication d’accessoires après avoir découvert l’association par l’intermédiaire d’une proche.
Cette expérience lui a offert l’opportunité d’acquérir un nouveau savoir-faire et de consacrer son temps à une activité lui procurant une source de revenus supplémentaire.
Elle a, à son tour, créé une page sur les réseaux sociaux pour faire connaître et commercialiser ses produits, illustrant ainsi le passage des bénéficiaires de l’acquisition de compétences à l’initiative privée.


