Le Festival international d’Hammamet (FIH) a célébré vendredi soir, le 31 juillet, sa 60e édition à travers l’ouverture d’une exposition documentaire et numérique interactive intitulée « Une mémoire vivante ».
Inauguré en présence de la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, cet événement coïncide avec le 62e anniversaire de la création de ce rendez-vous culturel majeur et de l’inauguration de son théâtre de plein air, le 31 juillet 1964, par le premier président de la République tunisienne, Habib Bourguiba.
La session 2020 de ce festival international a été organisée uniquement dans un format national restreint, tandis que l’édition 2021 a dû être totalement annulée en raison des restrictions sanitaires liées à la pandémie de Covid-19
Organisée à l’entrée principale du public (la route des mosaïques) ainsi que dans les jardins du Centre culturel international d’Hammamet (CCIH – Dar Sebastian), l’exposition se poursuivra jusqu’au dimanche 2 août 2026.
À travers des écrans géants, cette rétrospective retrace en photos et en vidéos plus de six décennies d’histoire, reliant le passé, le présent et l’avenir de l’institution.
Le directeur du festival et directeur général du CCIH, Lassaad Kasraoui, a indiqué à l’agence TAP que cette installation vise à permettre au public de découvrir l’histoire du festival et les artistes, tunisiens et internationaux, qui s’y sont produits.
Selon lui, le choix du slogan « Hammamet, une mémoire vivante » s’inscrit dans cette démarche de valorisation du patrimoine artistique accumulé depuis l’ouverture.
Kasraoui a souligné que l’évolution des documents visuels montre que le festival conserve ses orientations initiales en tant que projet culturel national axé sur le développement de la scène artistique et l’élévation de la sensibilité esthétique.
Le parcours de l’exposition s’articule autour de dix tableaux numériques qui retracent l’évolution architecturale et artistique du site, reliant la ville de Hammamet, son théâtre et la villa Dar Sebastian. Les visiteurs y découvrent l’évolution de l’identité visuelle du festival à travers les affiches officielles des soixante éditions, évoluant du noir et blanc artistique des débuts vers des créations contemporaines en couleur.
L’exposition consacre une partie de ses écrans aux fondateurs, aux directeurs successifs, ainsi qu’aux équipes techniques et administratives. Une place particulière est accordée au public, présenté comme le partenaire essentiel de la pérennité du festival.
Le contenu intègre également un espace dédié au rôle de la Télévision tunisienne (Al Watania), qui célèbre aussi l’anniversaire de création, le 31 mai 1966, à travers la présentation d’archives audiovisuelles inédites.
Cette exposition fait écho à une initiative similaire menée en 2024 à l’occasion des 60 ans du festival, intitulée “Un lieu, un festival, un sens”, qui avait déjà exploré les jardins du Centre avec des projections de mapping.
Dar Sebastian, lieu central de cette commémoration, rappelle à cette occasion le passage de plusieurs figures historiques, politiques et artistiques internationales, parmi lesquelles l’ancien Premier ministre britannique Winston Churchill, la cantatrice égyptienne Oum Kalthoum ou encore le musicien libanais Ziad Rahbani.
La villa, située près de la mer et entourée d’immenses jardins, fut dans les années 1920, la propriété de Georges Sebastian, un fortuné citoyen roumain installé dans la cité balnéaire de Hammamet.
Son théâtre de plein air de 1 100 places, dominant la mer, a été réalisé entre 1962 et 1964 par l’Atelier d’architecture et d’urbanisme (AUA), s’inspirant des conceptions antiques du théâtre en rond. C’est sur ce même amphithéâtre iconique que la toute première édition du festival avait été lancée le soir du 31 juillet 1964 avec la pièce de théâtre interarabe « Othello », mise en scène par Aly Ben Ayed.
Cette célébration s’inscrit dans le cadre de la 60e édition du FIH, qui se déroule du 11 juillet au 13 août 2026 sous le slogan « Endless Memories ». Le festival propose cette année 32 spectacles en provenance de 12 pays (Tunisie, Liban, Palestine, États-Unis, Mali, Espagne, Portugal, Cuba, Turquie, Maroc, Algérie et Italie).
Ce rendez-vous artistique estival réaffirme ainsi son rôle de plateforme d’échange et d’équilibre entre la création nationale, le théâtre et l’exploration des musiques du monde.


