La Direction générale des services vétérinaires (DGSV) a exhorté l’ensemble des entreprises tunisiennes exportatrices de produits de la pêche vers l’Union européenne à adapter en urgence leurs systèmes d’emballage aux exigences du nouveau règlement européen (UE) 2025/40 (PPWR). Ces mesures, en vigueur dès le 12 août 2026, visent à prévenir tout blocage logistique ou refoulement des marchandises aux frontières européennes.
Relayée par le Groupement interprofessionnel des produits de la pêche (GIPP), l’alerte de la DGSV relevant du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, appelle les acteurs économiques d’agir sans délai avec leurs fournisseurs de conditionnement.
Pour maintenir l’accès au marché communautaire, les exportateurs doivent impérativement vérifier rigoureusement la conformité des matériaux utilisés, obtenir des déclarations de conformité actualisées, conserver les dossiers techniques justificatifs et mettre en place un plan d’action pour se conformer progressivement aux exigences techniques.
La réglementation européenne sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR) impose une réduction de l’impact écologique en exigeant une meilleure recyclabilité, l’intégration de matériaux recyclés et la restriction stricte de substances chimiques dangereuses.
Elle cible en priorité les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées). Qualifiées de « polluants éternels » en raison de leur extrême persistance, ces molécules s’accumulent durablement dans l’environnement et dans la chaîne alimentaire, incitant l’UE à éliminer leur présence des emballages au contact des produits alimentaires.
L’enjeu économique est vital pour le secteur halieutique tunisien, dont l’Union européenne représente le principal partenaire commercial. Selon les données de l’Institut national de la statistique, les exportations tunisiennes de produits de la pêche ont atteint 189,4 millions de dinars au cours des cinq premiers mois de l’année 2026, contre 206 millions de dinars sur la même période de l’an dernier.
Face à cette baisse des recettes, la conformité réglementaire demeure le seul garant de la compétitivité et de la continuité des flux commerciaux vers l’Europe, préservant ainsi l’activité de milliers de producteurs et de pêcheurs à travers le pays.


