Dix universités tunisiennes et algériennes se sont réunies, jeudi, à Kairouan pour la 8e édition du forum tuniso-algérien des universités frontalières (5+5), autour d’un thème central : « La transformation pédagogique dans l’enseignement supérieur à l’ère de l’intelligence artificielle ».

Le directeur général de la coopération internationale au ministère de l’enseignement supérieur, Malek Kchaief, a fixé le cap. Ce forum périodique, a-t-il confié à la TAP, vise à bâtir des programmes de formation conjoints, intensifier les échanges d’expertises et organiser des activités estudiantines, culturelles et sportives.

Cette édition place l’IA au cœur du débat pédagogique, en réponse aux défis de la transformation numérique et du développement durable.

Le modèle « 5+5 » n’est pas qu’une formule. Il est aussi un cadre opérationnel qui réduit les inégalités en matière de savoir, dynamise les régions frontalières et consolide les systèmes d’enseignement supérieur des deux pays.

Les représentants des deux ministères de l’enseignement supérieur ont ouvert les travaux ensemble. Les premières sessions ont été l’occasion de décrypter les stratégies nationales de numérisation de l’enseignement supérieur.

Des ateliers interactifs ont ensuite pris le relais pour définir les contours d’une université intelligente et jeter les bases d’un guide commun des meilleures pratiques en matière d’IA pédagogique.

En marge du forum, vingt étudiants tunisiens et algériens ont présenté leurs projets dans le cadre d’un concours-exposition dédié à l’intelligence artificielle.

Le président de l’université de Kairouan, Mohamed Ghannoura, a rappelé l’engagement de son établissement à cultiver l’esprit d’initiative chez les étudiants.

Il a à ce titre annoncé la création de nouvelles filières académiques intégrant l’IA, validées par les commissions sectorielles au titre de l’année universitaire en cours, et directement alignées sur les besoins du marché de l’emploi.

De son côté, le directeur de l’université Badji Mokhtar d’Annaba et coordinateur des universités algériennes frontalières, Mohamed Maanser, a souligné que la coopération a quitté le terrain théorique.

Équipes de recherche mixtes, échanges d’enseignants, participation aux soutenances de doctorat, les deux pays travaillent désormais à une vision commune de l’IA au service de l’enseignement supérieur.

En clôture, l’université de Taref, en Algérie, a été désignée pour accueillir la 9e édition du forum.

Ce rendez-vous biennal s’ancre dans l’accord-cadre signé en mars 2022 entre les deux ministères, consolidé par des accords de jumelage conclus à l’université de Jendouba en 2023, avec un objectif assumé : bâtir un espace académique commun, intégré et durable.