Entre illumination des façades iconiques et rythmes soufis, la 35ème édition du Mois du patrimoine a transformé Tunis en un laboratoire à ciel ouvert. En plaçant l’héritage morisque au cœur de “La Route des Andalous”, la Tunisie ne célèbre pas seulement son passé : elle réinvente son urbanisme et son offre touristique par le prisme de l’architecture.
La Route des Andalous : Un itinéraire de mémoire vive
Le coup d’envoi de l’étape tunisoise de “La Route des Andalous” marque une étape cruciale dans la valorisation du legs morisque. Sous l’égide de la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, cette manifestation dépasse la simple commémoration. L’intervention de l’expert Ahmed Hamrouni sur quatre siècles de présence morisque en Tunisie a rappelé que cet héritage n’est pas une strate fossilisée, mais un moteur de l’identité architecturale nationale. Des Souks de la Médina à Bab Bhar, le patrimoine est redevenu un espace de dialogue social.
L’économie de la lumière : Sublimer l’actif architectural
L’un des points d’orgue de cette édition réside dans la stratégie d’illumination portée par l’AMVPPC. En projetant la lumière sur les façades du Théâtre municipal, de la cathédrale Saint-Vincent-de-Paul et de l’Institut national de musique, les autorités culturelles pratiquent un “city branding” efficace. Cette mise en valeur esthétique ne se limite pas au plaisir visuel ; elle transforme des bâtiments historiques en pôles d’attraction nocturnes, prolongeant l’activité économique de la cité et captant l’intérêt d’un flux touristique en quête d’authenticité.
Culture et technologie : Le mapping comme nouveau narratif
La modernité s’est invitée à Bab Bhar via le spectacle de mapping vidéo de Nour Jallouli et Haïfa Mediouni. En fusionnant l’art numérique avec les pierres séculaires, la Tunisie modernise son discours patrimonial. Ce mariage entre le spectacle vivant — porté par les artistes Aïda Niaiti et Sami Dorbez — et les nouvelles technologies crée une expérience immersive indispensable pour séduire les nouvelles générations. Le succès populaire de ces festivités confirme que le patrimoine, lorsqu’il est vivant, reste le premier vecteur de cohésion sociale et de rayonnement international.


