Face à l’urgence climatique et à la pression budgétaire, l’État tunisien accélère sa mue énergétique. Entre déploiement massif du photovoltaïque et efficacité technologique, les institutions publiques entament une rationalisation sans précédent de leurs dépenses.
Une offensive technologique sur le parc public
L’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) vient de franchir un palier critique. En remplaçant 10 000 climatiseurs obsolètes par des unités de classe 1 au sein de 80 institutions, l’agence ne se contente pas d’un gain de confort. Cette opération, couplée à l’installation de 1 600 systèmes de monitoring dans 66 établissements, permet de réduire les émissions de CO2 de 6 000 tonnes par an. L’objectif est clair : transformer les bâtiments administratifs, souvent énergivores, en modèles de sobriété active.
Le photovoltaïque comme levier de souveraineté
Avec 631 projets d’investissement recensés, la transition n’est plus une intention, mais une réalité comptable : 60 gigawattheures sont économisés chaque année. La condition sine qua non de ce programme reste la propriété foncière des bâtiments par les ministères, une règle stricte visant à pérenniser les installations de centrales photovoltaïques pour l’autoproduction. L’enjeu est de taille : ramener la consommation globale de 31 238 à 21 714 tonnes équivalent pétrole (tep), soit une réduction drastique de 30 %.
Modèle économique et exemplarité des médias
Financé à hauteur de 200 millions de dinars via un partenariat avec la Banque allemande de développement (KfW) et le Fonds de transition énergétique, ce plan quadriennal trouve ses premiers champions. Le 8 avril 2026 a marqué un tournant symbolique : l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP) est devenue le premier média public à adopter un modèle durable. Grâce à sa centrale de 40 kWc, l’agence couvre désormais 70 % de ses besoins électriques, divisant sa facture par deux. Un signal fort envoyé à l’ensemble du secteur public.
EN BREF
- Investissement : 200 millions de dinars sur 4 ans, financés par la KfW et le FTE.
- Efficacité : Remplacement de 10 000 climatiseurs par des appareils de classe 1.
- Objectif : Réduction de 30 % de la consommation énergétique globale du secteur public.
- Impact : Économie annuelle de 60 GWh et baisse massive des émissions de CO2.
- Pionnier : L’agence TAP réduit sa facture de 50 % grâce au solaire (avril 2026).


