L’Observatoire social tunisien du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), a fait état, dans son rapport publié ce vendredi, d’une hausse de 15,7 % du nombre de mouvements de protestation entre janvier et mars 2026 par rapport à la même période de l’année dernière, ces manifestations s’élevant à 1 310 contre 1 132 au cours de la même période en 2025.

Les protestations revendiquant le droit à l’emploi et les droits civils et politiques ont respectivement représenté 647 et 400 mouvements, auxquels s’ajoute une série d’autres mouvements réclamant principalement des droits professionnels, en plus des revendications concernant le droit à la titularisation, la régularisation de la situation professionnelle, l’amélioration des conditions de travail, le paiement des salaires et des indemnités, ainsi que la mise en œuvre des conventions en suspens outre le règlement du dossier des enseignants et des professeurs suppléants, et de celui des ouvriers des chantiers, en particulier pour les personnes âgées de plus de 45 ans.

Le reste des mobilisations enregistrées au cours du premier trimestre de l’année s’est réparti entre des revendications relatives aux droits fondamentaux tels que l’éducation, la santé, les transports, le droit au développement, à la sécurité, à l’assurance, à la protection, à un environnement sain, à l’eau potable et à une vie digne.

Le mois de janvier 2026 a enregistré 501 manifestations, ce qui en a fait le mois le plus riche en mobilisations, suivi par février qui a connu 335 mouvement et a coïncidé en partie avec l’avènement du mois de ramadan, avant que le rythme ne remonte à nouveau avec 462 protestations enregistrées en mars.

Tunis a conservé sa place de principale région du mouvement social et politique au cours du premier trimestre de cette année. Selon le rapport, elle a enregistré 390 mouvements de protestations, suivie de la région de Gafsa (204), puis de Manouba (80), de Nabeul (66) et du gouvernorat de Sfax (58).

Les travailleurs ont été les acteurs sociaux les plus actifs au cours du premier trimestre de l’année, puisqu’ils ont participé à 331 actions. Ils sont suivis par les activistes, qui ont organisé 236 actions, puis par les citoyens, qui ont pris part à 127 mouvements de protestation, suivis des enseignants et des professeurs, qui ont organisé 122 actions, et enfin des syndicalistes, avec 108 protestations.

Les diplômés de l’enseignement supérieur sans emploi ont participé à 75 mouvements, les fonctionnaires à 63 et les ouvriers et ouvrières agricoles à 49 protestations. Les avocats ont organisé 44 actions, les détenus en ont mené 22 et les journalistes ont participé à 21 mouvements. Les autres actions ont été réparties entre les agriculteurs, le secteur médical et paramédical, les chauffeurs des transports publics et privés, les élèves, les commerçants, les supporters des équipes sportives et les sportifs.

Selon le rapport, dans plus de 90 % des mouvements auxquels ils ont participé, les protestataires se sont dirigés vers les autorités officielles, à commencer par la présidence du gouvernement, la présidence de la République, les autorités régionales, les ministères, les municipalités et les gouverneurs, Quant au reste, il s’est adressé à l’autorité judiciaire, à la Compagnie Phosphates de Gafsa, à la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE) et à la Société tunisienne d’électricité et de gaz (STEG).

L’espace virtuel a été utilisé comme cadre pour présenter ces revendications dans 31 % des actions documentées, Les actions de terrain ont représenté environ 69 % des actions enregistrées. Les acteurs sociaux ont eu recours à des rassemblements de protestation dans 316 cas, à la grève dans 193 cas, à des sit-in à 168 reprises, et les grèves de la faim ont représenté 121 des mouvements enregistrés au cours du premier trimestre de l’année.

Au cours de la même période, le port du brassard rouge a été enregistré à 55 reprises, et 13 marches pacifiques ont été organisées, sans compter le recours à d’autres formes de protestation telles que les barrages routiers, l’interruption des activités, les menaces de grève et le boycott des cours..