Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a souligné que l’intelligence artificielle est devenue un facteur déterminant qui redéfinit la pratique diplomatique dans toutes ses étapes, de l’analyse des données à l’anticipation des crises, en passant par l’élaboration des stratégies de négociation.
Elle offre des opportunités pour renforcer l’efficacité de l’action diplomatique, tout en soutenant la prise de décision politique sans s’y substituer, a-t-il dit lors de son allocution dans le cadre d’une conférence tenue à l’Académie Diplomatique Internationale de Tunis intitulée “l’Intelligence artificielle et l’avenir de la diplomatie”.
Le ministre a souligné la nécessité de développer les programmes de formation des diplomates afin de leur permettre de combiner compétences traditionnelles et aptitudes numériques, tout en préservant l’essence du travail diplomatique fondé sur la confiance et l’équilibre, lit-on dans un communiqué publié, lundi, par la plateforme “Tunisia InfoHub” relevant du ministère des Affaires étrangères, de la Migration et de Tunisiens à l’étranger.
Nafti a, par ailleurs, mis en garde contre plusieurs risques liés à l’utilisation de ces technologies, tels que la désinformation, les menaces cybernétiques et l’aggravation de la fracture numérique entre les États, soulignant que ces défis exigent une approche collective fondée sur une bonne gouvernance et l’établissement de normes internationales communes.
Dans ce contexte, le ministre a réaffirmé l’attachement de la Tunisie à la diplomatie multilatérale en tant que cadre essentiel pour traiter les enjeux mondiaux émergents, considérant, que la gouvernance de l’intelligence artificielle constitue aujourd’hui l’un des principaux défis de l’action diplomatique, relevant, à cet égard, le rôle de l’Union Internationale des Télécommunications dans l’élaboration des normes et le renforcement de la coopération internationale dans le domaine numérique.
“Malgré les opportunités prometteuses offertes par l’intelligence artificielle, celle-ci doit rester un outil au service de l’Homme, du développement et de la paix”, a déclaré le ministre, invitant à une utilisation optimale de ces technologies afin de renforcer la coopération internationale, réduire les inégalités et valoriser l’intelligence humaine.
De son côté, le vice-président du Bureau de normalisation des télécommunications de l’Union Internationale des Télécommunications, Bilel Jamoussi, a présenté les différentes applications de l’intelligence artificielle dans le travail diplomatique, tant au niveau des tâches quotidiennes (rédaction de rapports, traduction, analyse de données) que dans le soutien aux négociations grâce aux outils de prospective stratégique et de simulation de scénarios.
Il a, également, mis en lumière le rôle de ces technologies dans le renforcement de l’efficacité de l’action multilatérale et dans la fourniture aux États, en particulier ceux en développement, d’outils d’analyse et de participation plus performants.
Jamoussi a, également, abordé les principaux défis liés à l’utilisation de l’intelligence artificielle, notamment les risques de dépendance excessive à la technologie, les enjeux de cybersécurité, la protection des données personnelles, ainsi que les problématiques de gouvernance et l’absence de normes internationales unifiées.
La conférence s’est achevée par un débat interactif porté sur les moyens d’intégrer l’intelligence artificielle dans le travail consulaire, d’améliorer les mécanismes de prise de décision et d’anticiper l’avenir de la pratique diplomatique à la lumière des transformations numériques accélérées.
A noter que l’Académie Diplomatique Internationale de Tunis a accueilli cette conférence dans le cadre de la coopération avec l’Union Internationale des Télécommunications pour soutenir les compétences et suivre l’évolution numérique internationale.


