
Sur une douzaine de postes répertoriés, dix avec l’Algérie et deux avec la Libye, trois ont gagné en visibilité.
Modernisation de trois postes frontaliers un avant goût d’un créneau porteur
Le premier, le poste frontalier de Melloula relevant de la délégation de Tabarka (Nord ouest) a fait l’objet de travaux de modernisation et d’extension. Il est prévu que ces travaux prennent fin d’ici le mois de décembre 2026.
Le deuxième, le poste frontalier à vocation commerciale de Bouchebka relevant du gouvernorat de Kasserine (centre ouest de Tunisie). La fin des travaux de sa rénovation et la mise en service des nouveaux aménagements sont prévues pour début 2028.
Le troisième, le poste frontalier de Ras Jedir , principal passage commercial à la frontière tuniso-libyenne. Les travaux de sa réalisation avancent à un rythme acceptable d’après les autorités en charge du dossier.
Selon Jamel Zrig, Directeur général de l’Office National des Postes Frontaliers Terrestres (ONPFT), établissement public créé, en 2016, pour gérer les postes frontaliers terrestres, le gouvernement a mobilisé d’importants fonds budgétaires pour développer les trois postes frontaliers et accélérer leur modernisation.
Ils ont bénéficié d’une enveloppe totale de 215MD répartie en 170 MD pour Ras Jedir, 95 MD pour celui de Bouchebka et 50 MD pour le poste de Melloula.
Toujours d’après la même source, les achats en Duty free à des prix avantageux ont été expérimentés, avec succès, au poste frontalier de Melloula. Il est prévu, a-t-il dit, de généraliser cette pratique de shopping à tous les postes frontaliers, d’autant plus que le nombre des voyageurs entre la Tunisie et les deux pays voisins ne cesse de croître. Il est passé a-t-il-dit.de 9 millions de voyageurs en 2017 à 16,3 millions en 2025, soit une hausse de près de 100%.
La niche à exploiter pour diversifier les moteurs de croissance
De toute évidence, il y a dans cette volonté de mettre en place de zones franches à la frontière ouest (Algérie) et sud-est (Libye) une véritable opportunité pour créer un nouveau moteur de croissance à même de diversifier l’économie du pays et partant, de lui conférer plus de solidité, plus de résilience et plus de marge de manœuvre face aux chocs extérieurs.
C’est pour dire que le créneau de création de zones franches, pour peu qu’on le développe avec professionnalisme, peut jouer le même rôle qu’assument, de nos jours, le tourisme, les transferts des Travailleurs tunisiens à l’étranger (TRE) et les exportations de l’huile d’olive. Et pour cause.
Les zones franches, partout dans le monde, ont pour mérite de créer certes des emplois, mais surtout de renforcer la balance commerciale par un apport significatif de devises et une augmentation des exportations.
Les zones franches présentent également l’avantage de contribuer à une plus grande intégration industrielle entre les pays voisins, de contenir l’économie parallèle et d’éradiquer la contrebande.
La Tunisie, localisée entre deux pays très riches dont les populations jouissent d’un pouvoir d’achat élevé, a toutes les chances et tous les atouts peut tirer le meilleur profit de cette manne pour équilibrer ses finances et se développer.
Et pour ne pas oublier cet élément d’information : les zones franches en Tunisie ont fait l’objet de trois principales études . I n’est pas inutile de les rappeler pour ceux qui veulent s’étaler sur le sujet. Il y a :
- l’étude menée par l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) qui a prévu la création de quatre zones franches dans quatre gouvernorats localisées aux frontières avec la Libye et l’Algérie (Le Kef, Kasserine, Médenine et Tozeur);
- l’étude menée par l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES) sur la création d’une “zone maghrébine d’industrialisation et de libre-échange commercial”;
- et l’étude élaborée par l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) intitulée “La Tunisie et ses pays voisins: risques communs et solutions partagées”.
Ces études présentent le désavantage d’être effectuées sans aucune coordination. C’est au département du Commerce en charge du dossier des zones franches de les regrouper et d’en synthétiser le contenu.
Abou SARRA
EN BREF
- Relance d’un plan historique : Reprise du programme de modernisation des frontières datant de 2008.
- Investissement majeur : 315 MD mobilisés pour les postes de Ras Jedir, Bouchebka et Melloula.
- Explosion du flux : Passage de 9 millions à 16,3 millions de voyageurs (2017-2025).
- Modèle économique : Généralisation du Duty Free terrestre et création de zones franches.
- Enjeu stratégique : Diversification de l’économie, lutte contre la contrebande et intégration industrielle.


