Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a annoncé, jeudi, la mise en place d’une plateforme électronique destinée à faciliter l’octroi des autorisations de forage de puits dépassant 50 mètres de profondeur ainsi que celles relatives à la recherche et à l’exploitation des eaux souterraines.
Présentée à l’occasion de la Journée nationale et mondiale de l’eau, célébrée le 22 mars, cette plateforme marque “une avancée qualitative” dans la modernisation de l’administration et dans la gestion transparente des ressources hydrauliques, a déclaré le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh.
Selon le ministre de l’Agriculture, ce nouveau système permettra de simplifier et de dématérialiser l’ensemble des procédures relatives aux demandes d’autorisation, d’accélérer les délais d’étude des dossiers et d’assurer un suivi électronique complet à chaque étape. Il s’agit, a-t-il ajouté, “d’un outil visant à renforcer la confiance du citoyen et à garantir les principes de justice et d’égalité des chances dans l’accès aux ressources hydriques”.
La plateforme, offrira également aux services du ministère une base de données actualisée pour améliorer la prise de décision et renforcer le contrôle de l’exploitation des ressources en eau.
Ben Cheikh a souligné, dans le même contexte, que les progrès technologiques, notamment en matière d’intelligence artificielle et d’analyse de données, ouvrent de nouvelles perspectives pour anticiper les épisodes de stress hydrique, optimiser la distribution de l’eau et appuyer la gestion stratégique des ressources.
“Ce projet s’inscrit dans le cadre des programmes nationaux de transformation numérique. Il constitue l’un des axes principaux du plan de gouvernance et de gestion des risques de corruption dans le secteur de l’eau, élaboré en coopération avec la Présidence du Gouvernement et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD)”, a pour sa part indiqué, le directeur général de la cellule de la bonne gouvernance, Moez Sliti.
Selon ses dires, la réduction des délais va contribuer à l’augmentation du nombre des demandes d’obtention d’autorisation de forage des puits, à travers cette plateforme, et à limiter, par conséquent le recours au forage anarchique.
Le lancement de cette plateforme intervient alors que la Tunisie fait face à une surexploitation des ressources hydriques et à des délais administratifs jugés trop longs. Les procédures d’autorisation, qui pouvaient dépasser un an, seront désormais réduites à 21 jours, selon le ministère. Chaque année, entre 3 500 et 4 000 dossiers sont déposés, principalement par des agriculteurs, des associations hydrauliques, des coopératives et des unités de production agricole.
Déjà finalisée, la plateforme sera rendue accessible au public après l’achèvement de l’audit de sécurité et l’obtention du certificat de cybersécurité. Elle prendra la forme d’une application web permettant à l’usager de créer un compte, de remplir un formulaire, de télécharger les documents requis et de soumettre sa demande pour étude et approbation.
Le ministère rappelle que la Tunisie est confrontée à des défis hydriques majeurs, en raison de la succession des années de sécheresse, de l’augmentation de la demande en eau et des effets du changement climatique. Il affirme œuvrer à une gestion durable fondée sur la bonne gouvernance et sur l’usage accru des nouvelles technologies afin de préserver cette ressource essentielle pour les générations actuelles et futures.


