Pour devenir un pôle économique plus compétitif et globalement intégré, la Tunisie doit impérativement réussir sa transition vers un modèle économique à plus forte valeur ajoutée et plus inclusif, a indiqué, jeudi, la Ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Energie, Fatma Thabet Chiboub, lors du séminaire régional, Organisé dans le cadre du projet Euromed, Clusters Forward, «Clusters et chaînes de valeur : Catalyseurs de l’innovation et de la transformation industrielle ».
Dans son allocution, prononcée en son nom par la Cheffe de Cabinet de son département, Chiboub a qualifié ce virage de ” stratégique”. « Nous ne pouvons plus fonder notre compétitivité sur les seuls avantages de faibles coûts, dans un marché mondial qui exige désormais agilité, complexité et haute technicité », a-t-elle dit.
Pour répondre à cette ambition, les divers Plans de développement quinquennaux tunisiens ont fait de l’amélioration de la compétitivité du secteur privé, par le développement des chaînes de valeur, l’un de ses piliers centraux, a encore rappelé la ministre, précisant que le Gouvernement a su traduire cette vision en une stratégie opérationnelle cohérente et ambitieuse.
La vision du Ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Energie repose sur une conviction : le cluster est l’unité de base de la transformation industrielle, a fait savoir la ministre.
Selon Fatma Thabet Chiboub, Notre stratégie s’articule autour de trois axes directeurs; à savoir l’institutionnalisation des écosystèmes. Nous visons, a-t-elle dit, à faire évoluer les regroupements spontanés vers des structures de gouvernance pérennes, telles que les Groupements d’Intérêt Économique (GIE) dans l’objectif étant de sécuriser les partenariats public-privé et de donner aux clusters une voix unique pour porter leurs projets d’innovation.
Il s’agit, également ,de la montée en gamme technologique en faisant de l’innovation le cœur de la stratégie et ce par l’interfaçage renforcé entre nos 5000 ingénieurs diplômés chaque année et les besoins réels des entreprises.
Notre objectif est de faire de nos clusters des laboratoires de l’Industrie 4.0, a affirmé Chiboub.
En plus de l’inclusion territoriale, le développement industriel ne doit pas être concentré sur les zones côtières. Notre stratégie, a encore mis en relief la ministre, vise à irriguer les régions intérieures en créant des pôles de spécialisation régionale, optimisant ainsi l’utilisation des ressources locales. Pour pérenniser nos acquis, notre ambition s’inscrit dans une perspective de long terme qui dépasse la simple mise en réseau, a-t-elle noté.
Par ailleurs, la ministre de l’Industrie a rappelé que la Tunisie de 2035 repose sur des piliers fondamentaux pour ses clusters; à savoir l’excellence technologique et décarbonée.
Nous visons, a-t-elle dit, à transformer nos clusters en champions de la transition verte, où l’innovation ne se mesure plus seulement par la productivité, mais par l’efficience énergétique et la réduction de l’empreinte carbone. Il s’agit également d’une intégration profonde dans les chaînes de valeur mondiales.
D’ici 2035, nos clusters ne seront plus de simples sous-traitants, mais des partenaires de co-conception essentiels pour l’Europe et l’Afrique, misant sur la haute technicité et l’agilité, a souligné la ministre.
S’agissant de la souveraineté industrielle par le talent, la ministre a indiqué qu’en capitalisant sur nos 5 000 ingénieurs formés annuellement, nous projetons de faire de chaque région un pôle de spécialisation intelligente, garantissant un développement inclusif sur tout le territoire.
Cette vision 2035 est le prolongement naturel de notre engagement actuel : passer d’une économie de coûts à une économie de la connaissance et de l’innovation durable, a notamment ajouté la ministre.
Au Maghreb, les clusters émergent comme des moteurs importants de transformation économique, soutenant diversification industrielle, l’innovation et la compétitivité régionale.
La Tunisie, le Maroc et l’Algérie ont développé des clusters dans divers secteurs. Ces clusters renforcent non seulement les capacités de production locales, mais facilitent également l’échange de connaissances, l’adoption de technologies et l’intégration dans les chaines de valeur régionales et mondiales.


