Assurances TunisieAlors que le secteur des assurances gère un trésor de 10 milliards de dinars, son essor reste bridé par un cadre législatif rigide. Mondher Khabcheche (FTUSA) lance un appel : sans une réforme profonde du Code des assurances et une volonté politique forte, la Tunisie se prive d’un levier de croissance capable d’injecter des milliards dans l’économie réelle.

La contribution du secteur reste loin des standards internationaux. Il appelle à une mobilisation coordonnée des compagnies, de l’État et des institutions pour transformer ce levier économique en moteur d’investissement productif.

Le Président de la FTUSA souligne que la contribution du secteur des assurances au PIB tunisien oscille aujourd’hui entre 2,3 % et 2,5 %. Une progression constante, certes, mais encore éloignée de la moyenne mondiale, établie à 7,3 %. Selon lui, atteindre ne serait‑ce que 4% permettrait d’injecter plusieurs milliards de dinars supplémentaires dans l’économie réelle.

Il rappelle que la densité d’assurance, estimée à 320 dinars par habitant, demeure très inférieure à la moyenne mondiale de 2.700 dinars. Le secteur génère un chiffre d’affaires de 3,8 milliards de dinars et gère près de 10 milliards de dinars de placements, des indicateurs qui témoignent d’un marché en développement mais encore loin de son potentiel.

Pour améliorer ces performances, Khabcheche insiste sur la nécessité d’une mobilisation collective.

Du côté des compagnies, il appelle à une digitalisation complète du cycle de vie du contrat, à une amélioration de l’expérience client, à des délais de remboursement plus courts et à une offre de produits plus diversifiée et adaptée.

“Atteindre ne serait-ce que 4 % permettrait d’injecter plusieurs milliards de dinars supplémentaires dans l’économie réelle.” — M. Khabcheche.

 

L’État et le régulateur ont également un rôle déterminant à jouer, notamment à travers des leviers fiscaux et parafiscaux, le soutien aux mécanismes nationaux (FGA, pools, futur fonds de calamités naturelles) et une refonte du code des assurances alignée sur les évolutions technologiques.

Enfin, la FTUSA entend renforcer son influence institutionnelle et plaide pour un dialogue structuré et permanent avec les pouvoirs publics, afin que la fédération soit systématiquement consultée sur les projets de loi et les réformes du secteur. Il souhaite également intensifier la concertation avec l’ensemble des acteurs de la chaîne assurantielle: intermédiaires, experts, prestataires de soins, réparateurs et gestionnaires.

A.B.A

EN BREF

  • PIB : La contribution actuelle (2,5 %) est loin de la moyenne mondiale (7,3 %).
  • Potentiel : Atteindre 4 % du PIB libérerait des milliards de dinars d’investissements.
  • Densité : 320 DT par habitant en Tunisie contre 2 700 DT dans le monde.
  • Priorité IT : Appel à une digitalisation complète pour améliorer l’expérience client.
  • Plaidoyer : La FTUSA demande une refonte du Code des assurances et un dialogue accru avec l’État.