
Sous le titre « The Irresistible Glow of Tunis », le journal décrit une métropole située à la confluence de l’Europe, de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, où la vitalité artistique et culturelle façonne une atmosphère singulière. Des toits de la médina aux banlieues huppées de Sidi Bou Saïd et de La Marsa, les concept stores, ateliers de mode « slow fashion » et collectifs d’artistes se multiplient, tandis que les appels à la prière cèdent parfois la place aux sets de DJ mêlant disco et mezwed, cette musique traditionnelle aux sonorités de cornemuse.
Cette dynamique repose également sur des atouts concrets pour les voyageurs internationaux, portés par une offre aérienne étoffée, un accès sans visa pour les ressortissants américains, canadiens et de la plupart des pays de l’Union européenne, ainsi qu’un taux de change favorable, rendant les expériences plus accessibles. Avec 6,4 millions d’arrivées en 2022, le tourisme en Tunisie retrouve progressivement ses niveaux d’avant-pandémie, porté par une offre d’hébergement diversifiée, allant des maisons d’hôtes de charme de la médina aux complexes hôteliers du littoral.
Le journal met en lumière plusieurs lieux emblématiques de cette renaissance hybride : les cafés communautaires Bleue Deli et Sociale à La Marsa, l’adresse fusion tuniso-japonaise Konbini, la galerie d’art conceptuel Selma Feriani, ou encore les maisons d’hôtes restaurées de la médina comme Dar Ben Gacem. La scène créative puise aussi son inspiration dans la friperie de Bab El Falla, décrite comme un terreau d’une mode « punk et poétique ».
Le quotidien américain souligne aussi l’attrait de sites patrimoniaux encore relativement peu fréquentés, tels que le Musée du Bardo et les ruines de Carthage, qui complètent le portrait d’une ville « brute et sans prétention », où « chacun crée quelque chose » : un café, une ligne de vêtements ou une exposition.
Pour autant, The New York Times n’occulte pas les paradoxes de cette effervescence : la multiplication de cafés au design globalisé, prisés des Tunisiens de la diaspora, rappelle les inégalités sociales persistantes dans un pays encore marqué par les séquelles de la révolution de 2011.
Cette effervescence traduit ainsi la quête de nouveaux équilibres d’une ville en mutation, entre héritage méditerranéen et modernité assumée, une « lueur irrésistible » où l’ancien se mêle au futur.


