L’Institut national de la météorologie (INM) lance un ambitieux programme de modernisation de son réseau d’observation, marqué notamment par l’acquisition de trois radars de nouvelle génération.

Soutenu par la Banque mondiale, ce projet constitue une avancée technologique inédite en Tunisie, permettant de détecter les précipitations à l’intérieur des nuages cumuliformes jusqu’à trois heures avant qu’elles n’atteignent le sol.

Cette initiative, dévoilée à l’occasion de la Journée mondiale de la météorologie, célébrée le 23 mars sous le slogan « Observer aujourd’hui, protéger demain », vise à combler un déficit majeur en matière de prévision, afin de renforcer la sécurité nationale face à la recrudescence des phénomènes climatiques extrêmes.

Le nouveau dispositif devrait améliorer sensiblement la précision des alertes précoces, essentielles pour la navigation aérienne et maritime, ainsi que pour la protection des populations. « Plus l’alerte est précoce, plus les données sont précises et couvrent un vaste périmètre, renforçant ainsi la capacité d’anticipation », a précisé à la TAP Sobhi Ben Ahmed, ingénieur à l’INM.

L’urgence de cette modernisation est dictée par un bilan climatique alarmant. L’année 2025 a été la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle mondiale, avec des pics de température atteignant 50°C à Kairouan et Tozeur. En janvier 2026, de violentes inondations ont fait cinq morts, provoquées par des précipitations records : 220 mm en 24 heures à Monastir et 180 mm en 12 heures dans le Grand Tunis.

Pour faire face à ces défis, l’INM s’appuie sur une carte de vigilance actualisée deux fois par jour. Codifiée du vert (aucun risque) au rouge (vigilance maximale), elle permet d’optimiser et d’adapter les interventions de la Protection civile et des commissions de lutte contre les catastrophes.

Avec une précision des prévisions dépassant désormais les 90 %, l’Institut produit environ 2000 bulletins par an, couvrant des prévisions de 24 heures à dix jours, notamment au profit du secteur agricole, ainsi que des alertes spécialisées concernant le criquet pèlerin, les incendies de forêt et les phénomènes extrêmes, dans une optique de gestion des crises.

À court terme, l’Institut prévoit que la dernière semaine de mars 2026 sera marquée par des précipitations d’intensité moyenne à localement soutenue sur l’ensemble du territoire.

L’établissement repose sur un réseau étendu comprenant 49 stations agro-météorologiques, 81 stations climatologiques, 16 stations aéronautiques et 7 stations maritimes, avec une veille opérationnelle assurée 24h/24 au siège central.