A l’origine, un acte de maltraitance animale extrême. Il a été perpétré par des jeunes dans la  région de  Monastir. Quatre sauvageons oisifs  se sont donnés un très vilain plaisir à torturer un chiot avant de l’égorger.

Les faits succinctement : ils ont tenté, dans un premier temps, de donner au chiot la mort en l’enfermant dans un sac, qu’ils ont maintenu fermé pendant un certain temps. Constatant ensuite que l’animal était toujours en vie, ils lui ont ligoté son museau à l’aide d’un câble métallique, avant de lui ôter la vie en l’égorgeant.

Un crime abject

Et pour punaiser dans le temps leur abject forfait, ils ont filmé cet horrible crime. La vidéo a été ensuite diffusée sur les réseaux sociaux, suscitant choc, indignation et écœurement.

Loin d’être un acte de maltraitance animale isolé   comme cela pourrait arriver de temps en temps, ce fait divers, de par son atrocité, ne peut pas à priori être interprété comme un acte conjoncturel ou passager.

Bien au contraire, en le recoupant  avec d’autres incidents similaires, cas de la femme de Mellassine (proche banlieue de Tunis) accusée en 2025 de brûler des chats vivants, il annonce un ensauvagement de certains pans de la société tunisienne, particulièrement des jeunes.

Risques de banalisation

Est il besoin de rappeler que dans plusieurs pays, ces actes de maltraitance animale, peuvent générer par l’effet de leur banalisation une explosion de la violence et de la délinquance dans la société.

Aux Etats Unis, le controversé président Trump a axé sa campagne électorale en brandissant la menace que présente la communauté portoricaine qu’il accusée de manger les chats et chiots domestique. Son intention était évidente, il voulait faire peur aux américains.

Heureusement en Tunisie la situation est encore sous contrôle. La société civile est consciente du phénomène. Pour le cas de la torture et l’égorgement du chiot, la justice a été saisie par l’Association Rahma de défense des animaux.

Les quatre jeunes mis en cause ont été identifiés et arrêtés pour la plupart. Selon les avocats de l’ong,  Ils comparaîtront devant la justice le 18 février 2026.

Concernant l’affaire de la femme accusée d’actes de cruauté sur des chats (éventration, immolation, sévices graves), elle a été arrêtée. La justice a délivré un mandat de dépôt en prison à son encontre.

Pour une législation plus dissuasive

Pour l’Association Rahma, « la saisie de la justice est indispensable. Elle s’inscrit dans une démarche visant non seulement à obtenir des sanctions exemplaires, mais également à contribuer à une prise de conscience collective quant à la gravité de tels actes et à leurs implications sociales ».

Sur le plan légal, la législation tunisienne est claire : le Code pénal, ainsi que l’arrêté beylical relatif à la protection des animaux, criminalisent la maltraitance, la torture et la mise à mort injustifiée des animaux. Les sanctions prévues peuvent aller d’amendes à des peines d’emprisonnement pouvant atteindre cinq ans en cas de sévices ayant entraîné la mort de l’animal. Malheureusement, jusqu’ici, la justice privilégie les amendes  et c’est vraiment dommage.

Pour y remédier, nous pensons que l’Etat, et particulièrement les sociologues sont invités à enquêter sur les motifs de cette violence, d’encourager l’’encadrement familial et associatif,  de mettre au point des législation dissuasives et d’inculquer le respect de l’animal depuis l’école.