En dépit du « grand bruit »  fait autour de la lutte contre la corruption en Tunisie et de la forte  mobilisation, à cette fin, de la présidence de la république, les résultats sont toujours maigres et décevants.

C’est du moins si on croit les conclusions du dernier rapport sur l’Indice de perception de la corruption (IPC) pour l’année 2025, publié en février 2026, par l’ONG,   Transparency International (IPC). Basé sur plusieurs sources indépendantes, l’IPC attribue un score situé entre 0 (corruption élevée) et 100 (corruption faible), un score plus élevé et un meilleur rang indiquant une moindre corruption perçue.

Avec 39 points sur 100, la Tunisie pointe au 91ème rang mondial, soit un score en deçà du niveau moyen perçu de corruption à l’échelle mondiale lequel est estimé à 42 sur 100.

Maigre satisfaction, la Tunisie a gagné un point dans le classement de cette année par rapport au classement de 2024 qui l’a placée au 92ème rang mondial sur 182 pays et territoires étudiés. Il s’agit d’une toute petite performance lorsqu’on sait que la Tunisie a perdu 17 places entre 2019 et 2025.

Les manifestations de corruption en Tunisie

L’analyse de l’IPC a relevé, que pour le cas de la Tunisie « ce sont les catégories vulnérables qui paient le prix de  la corruption, celle-ci se traduisant par des hôpitaux sous-financés, des protections contre les inondations jamais construites, et un avenir assombri pour les espoirs et les rêves des jeunes ».

L’IPC évoque en outre les défaillances chroniques dans les services d’approvisionnement en eau, en électricité…, l’absence de responsabilité et d’impunité des fonctionnaires corrompus…

Le rapport fait également une mention spéciale de la restriction des libertés : Transparency International souligne qu’en Tunisie, l’espace civique se resserre en raison de pressions administratives, judiciaires et financières limitant les activités des ONG, compris en l’absence de nouvelles lois restrictives. Dans cette situation, les journalistes indépendants, les organisations de la société civile et les lanceurs d’alerte peinent à dénoncer la corruption ».

Au niveau régional, la Tunisie (91e) en exaequo avec le Maroc (91e) fait mieux que le reste des pays nord africains : Algérie (109è), Egypte (130è), Mauritanie (130è), Libye (177è).  Au niveau africain, la Tunisie est classée 13ème.

La perception de la corruption en Afrique, la plus forte à l’échelle mondiale

A noter que le classement sur le continent africain, région où la perception de la corruption est la plus forte à l’échelle mondiale,  est dominé par les Seychelles  (1er pays d’Afrique et 24ème au niveau mondial), suivies du Cap-Vert (35ème rang  mondial) et du Botswana (41ème).

Transparency International s’inquiète du fait que ce fléau présent dans la gestion des fonds publics sur le continent témoigne d’un manque d’intégrité politique des dirigeants, entrave l’accès des individus à des services essentiels, et a des conséquences néfastes sur la vie quotidienne, les personnes les plus vulnérables étant les plus durement touchées.

Au niveau mondial, l’IPC 2025 montre que la corruption demeure une menace grave dans toutes les régions du monde, même si quelques signes limités de progrès sont observés.

Le Danemark se distingue, sans atteindre le 100/100, comme le pays le moins corrompu au monde avec un score de 89/100. La Finlande, avec un score de 88/100, se classe 2e, alors que le Singapour  complète le trio de tête avec un score de 84/100.

En revanche, le Yémen, le Sud-Soudan et le Venezuela et la Somalie occupent les dernières marches du classement.

Et pour ne rien oublier, l’IPC est concocté à l’aide de données provenant de 13 sources externes, dont la Banque mondiale, le Forum économique mondial, des sociétés privées de conseil/gestion des risques et des groupes de réflexion.

ABOU SARRA