
Le Business Ready 2025 (B-Ready) publié fin décembre 2025 par la Banque mondiale. Il s’agit de la deuxième édition de ce classement qui succède au Doing Business, suspendu en 2021 suite au signalement d’irrégularités dans les données des éditions 2018 et 2020.
Ce classement, qui se veut plus efficace, plus effectif et plus précis, est concocté sur la base de plusieurs piliers.
Le premier pilier évalue le « cadre réglementaire », en passant au crible les règles et réglementations que les entreprises doivent suivre lors de leur création, de leur exploitation et de leur cessation.
Le deuxième pilier mesure la « qualité des services publics » mis en place par le gouvernement pour faciliter le respect des réglementations, ainsi que les institutions et infrastructures qui soutiennent l’activité des entreprises telles que plateformes numériques, l’administration fiscale ou les infrastructures liées au commerce.
En Afrique, 29 pays ont été couverts par le classement cette année, soit 14 de plus qu’en 2024. Parmi les nouveaux pays couverts, on retrouve le Bénin, le Sénégal, la Tunisie, la Namibie ou encore la RD Congo.
La réglementation existe mais son application demeure très lente
Pour le cas de la Tunisie, le rapport relève que le cadre réglementaire organisationnel continue à constituer un point fort relatif et que le problème majeur réside dans l’effectivité de l’exécution et la performance pratique.
Concernant les différentes étapes par les quelles passe l’entreprise tunisenne, le rapport relève pour la constitution des entreprises l’existence de la législation requise mais les procédures restent complexes et lentes.
Au sujet des services financiers, le rapport fait état d’un niveau moyen au plan de l’accès au financement et de la qualité des procédures.
S’agissant des litiges commerciaux, le rapport signale l’existence d’un le cadre juridique mais relève une lenteur dans l’exécution des verdicts.
Au sujet du commerce extérieur, le rapport évoque des défis liés aux procédures, aux délais et à l’exécution des transactions.
Globalement en Tunisie le problème ne réside pas dans l’absence des réglementations mais dans l’inefficacité de leur application.
La Tunisie appelée à accélérer ses réformes structurelles.
Le rapport estime que la Tunisie, écartée par les dernières éditions de classement de Doing Business est reclassée par Business Ready 2025, dispose de beaucoup d’atouts pour améliorer son classement dans l’avenir. Il lui est particulièrement demandé d’accélérer la digitilisation des services publics, d’améliorer l’échange d’informations et de données intra-départements, de renforcer la transparence et de promouvoir l’ouverture des données, de renforcer la confiance entre l’investisseur et l’administration.
Performance du Rwanda et du Maroc
Pour revenir à l’Afrique, le Rwanda conserve la première place en Afrique. Ce pays demeure en tête du classement continental avec un score global de 67,94 points. Le pays se distingue particulièrement par la solidité de son cadre réglementaire (72,54 points) et par son efficacité opérationnelle (71,47 points), malgré une performance plus modérée en matière de qualité des services publics (59,81 points).
Le Maroc se hisse à la deuxième place africaine avec 63,44 points, suivi de près par la République de Maurice (63,20 points). Le Togo complète le top 4 avec 61,52 points, confirmant la dynamique de réformes engagée ces dernières années.
Cela pour dire que la Tunisie pourrait rattraper ces champions d’Afrique en matière d’attractivité de l’environnement des affaires pour peu qu’elle améliore la célérité de l’application de ses réglementations.
ABOU SARRA
EN BREF
- Retour au classement : La Tunisie réintègre le rapport B-Ready 2025 de la Banque mondiale après l’ère Doing Business.
- Paradoxe tunisien : Un cadre réglementaire solide mais une exécution administrative lente et complexe.
- Top Afrique : Le Rwanda (1er) et le Maroc (2ème) dominent le classement continental par leur efficacité.
- Points de blocage : Délais excessifs dans le commerce extérieur et lenteur judiciaire des litiges commerciaux.
- Priorité : Urgence d’une digitalisation massive et d’une meilleure interconnexion des données publiques.


