Le marché de gros de Bir El Kassaa, principal centre d’approvisionnement de la région de Tunis, surtout en produits agricoles, fait désormais face á une désertion des agriculteurs et á plusieurs autres défis, cités par le président de la chambre régionale des commerçants de légumes et fruits de Ben Arous, Houssine Aissaoui, dans une interview accordée à l’agence TAP.

Il s’agit entre autres des infrastructures à l’abandon et des pressions fiscales qui poussent les agriculteurs à bouder le marché, qui peine à assurer son rôle en plein mois de Ramadan.

Lors d’une Interview accordée au studio de l’agence Aissaoui a dressé un constat alarmant : la dynamique habituelle du Ramadan a laissé place à une affluence « modérée », loin de la fervence des années précédentes.

Selon le responsable, les agriculteurs boudent le marché officiel pour échapper aux contraintes tarifaires et aux frais logistiques. Ils privilégient désormais des circuits de distribution alternatifs.

Cette “évaporation” des produits compromet gravement la régularité de l’approvisionnement et déstabilise les prix à la consommation, prévient Aissaoui.

Au-delà de la désaffection des producteurs, le responsable pointe du doigt une gestion défaillante des infrastructures, faisant état de 40 unités de stockage hors service depuis 2003.

Il est revenu sur la station de traitement des déchets qui n’a jamais été mise en exploitation.

Il a aussi évoqué le fait que le marché est jugé étouffant par les opérateurs en raison de taxes additionnelles (3% prélevés sur l’acheteur et 3% sur le vendeur) imposées par certains acteurs locaux.

Face à ce qu’il qualifie d’inertie administrative, Houssine Aissaoui recommande une « révolution exécutive » visant à faire appliquer strictement les lois déjà en vigueur pour assainir le secteur et restaurer l’attractivité du marché.