La réforme agricole nécessite la refonte du système foncier afin de favoriser, entre autres, la résolution de la question du morcellement de la propriété foncière qui a freiné la développement agricole et diminué la rentabilité des investissements, a indiqué le président du Conseil national des régions et des districts (CNRD), Imed Derbali.
Intervenant à l’ouverture des travaux d’une séance plénière organisée, vendredi, en présence du ministre de l’Agriculture des ressources hydrauliques et de la pêche, il a mis l’accent également sur la nécessité de l’adoption de mécanismes de soutien direct et transparent en faveur des petits agriculteurs afin de leur permettre d’accéder au financement, au matériel et aux marchés dans des conditions équitables.
Au sujet du secteur de la pêche, le président du CNDR a souligné que le secteur qui revêt une importance primordiale en termes de contribution à la sécurité alimentaire et des opportunités d’emploi crées dans les régions côtières, il fait face à de nombreux défis dont le coût élevé du carburant, l’épuisement de certaines ressources halieutiques et la nécessité du développement des méthodes de pêche.
Concernant l’élevage, il a souligné la nécessité d’adopter des programmes d’élevage et d’amélioration durables et de garantir l’approvisionnement en fourrages afin de préserver la production et d’atténuer les risques de dépendance vis-à-vis des marchés étrangers.
Il a, par ailleurs, appelé à renforcer les investissements dans la recherche scientifique agricole, de lier ses résultats aux besoins du terrain et d’adopter des technologies de production durables qui tiennent compte des conditions climatiques spécifiques du pays et préservent les ressources en eau et en sol.
Derbali a, également, souligné que le Conseil œuvre à favoriser l’intégration de l’agriculture et de la pêche en tant que secteurs stratégiques dans les plans et programmes futurs, compte tenu de leur importance, soulignant que le prochain plan de développement devrait soutenir les investissements agricoles et maritimes, résoudre les problèmes structurels, réserver des fonds pour le développement des ressources en eau, développer les systèmes de production et soutenir les agriculteurs et des pêcheurs.
Il a, par ailleurs, rappelé que l’agriculture a été, tout au long de l’histoire de la Tunisie, un élément déterminant dans la stabilité et la prospérité du pays, ajoutant que son importance ne cesse d’augmenter, aujourd’hui, face au changement climatique, à la pression croissante sur les ressources en eau et à la volatilité des marchés mondiaux.
Et d’ajouter que l’agriculture est étroitement liée à la sécurité alimentaire et au concept de souveraineté nationale dans leurs dimensions stratégiques. Toutefois, il a noté que les agriculteurs font face à de nombreuses crises citant à titre d’exemple le coût de production élevé, les difficultés d’approvisionnement en eau et fourrages, la volatilité des prix et l’accès limité au financement et aux marchés.
De son côté, le ministre de l’Agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche, Ezzeddine Ben Cheikh a souligné que l’élaboration du plan de développement 2026/2030 a été une occasion pour engager une évaluation globale des réalisations et une base pour ajuster les choix, les visions et les mécanismes futurs à travers une batterie de réformes, de programmes et de projets identifiés dans le cadre d’une approche participative qui tient compte des spécificités et des besoins des régions.
Les interventions seront axées sur quatre principaux chapitres stratégiques complémentaires; à savoir le développement des ressources naturelles, la garantie de leur durabilité et la lutte contre le changement climatique.
Il s’agit également du renforcement de la sécurité alimentaire, la mise en place d’un environnement agricole globale qui garantit l’intégration et l’amélioration des conditions dans les zones rurales.
Le ministre a, par ailleurs, affirmé que les efforts seront axés, au cours des cinq prochaines années, sur le développement des systèmes agricoles, l’amélioration du secteur d’irrigation, la préservation des ressources halieutiques et la réhabilitation des infrastructures portuaires et des marchés de gros. Il s’agit également du développement du secteur de l’élevage pour alléger la pression sur les ressources halieutiques.
Le ministre a souligné que l’accent sera mis sur le développement de l’agriculture biologique, l’amélioration du rendement des services agricoles et leur digitalisation et le développement des législations.
Il s’agit notamment de l’orientation de l’investissement vers les domaines d’adaptation au changement climatique, les énergies renouvelables et les technologies à forte valeur ajouté, l’encadrement des investissements, la diversification des formules de gestion des terres agricoles en accordant la priorité aux entreprises communautaires.
Ben Cheikh a fait savoir que les efforts seront axés aussi sur le développement du partenariat avec les autres domaines, l’amélioration des conditions d’activité des femmes agricultrices et des jeunes et la mise en place d’une couverture sociale encourageante.
Il a mis l’accent sur le développement et la diversification de l’offre des produits agricoles qui répondra à la demande nationale (quantité et qualité), outre l’exportation, soulignant que son département œuvre à renforcer ces acquis pour parvenir à la sécurité alimentaire et hydrique.
Ben Cheikh a rappelé que le secteur agricole joue un rôle primordial dans l’économie tunisienne représentant 10% du PIB, 13 % des exportations nationales, 14% des emplois crées et 6% du total des investissements.


