Le tribunal de première instance de Gabès a rendu, jeudi, son jugement dans l’affaire en référé visant à obtenir l’arrêt immédiat de l’activité des unités polluantes du Groupe chimique tunisien (GCT), en rejetant la demande d’arrêt pour absence de preuve du préjudice, a fait savoir le collectif “Stop Pollution”, sur sa page Facebook.
Cette affaire, dont le jugement a été reporté à plusieurs reprises, a été portée devant la justice par l’ordre régional des avocats, dans l’objectif de mettre fin à l’activité des unités polluantes du GCT, parallèlement à des mouvements populaires revendiquant leur démantèlement et affirmant l’opposition des habitants de Gabès à toutes sortes de cohabitation avec la pollution.
Le collectif “Stop Pollution”, avait antérieurement indiqué que ces mouvements ont débuté en avril 2025 devant le siège du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie à Tunis, puis le 23 mai 2025 devant le siège du gouvernorat de Gabès, à la suite du Conseil des ministres du 5 mars 2025, ayant adopté une série de décisions renonçant implicitement à la décision de démantèlement des unités polluantes du GCT prise en juin 2017, en doublant la production liée à la transformation du phosphate, en mettant en place des industries de l’hydrogène vert et de l’ammoniac vert et en retirant le phosphogypse de la liste des substances dangereuses.
Ils ont atteint leur apogée en octobre dernier, à la suite d’une vague de fuites inhabituelles et dangereuses de gaz provenant du groupe chimique et ayant provoqué plus de 300 cas d’asphyxie, parmi les élèves et les mineurs.
«La crise environnementale se poursuit depuis plus de 53 ans à Gabès, entravant le développement et détruisant les fondements d’une vie décente dans une région aux caractéristiques uniques.
L’activité chimique industrielle a détruit le golfe de Gabès en y anéantissant 93 % de la biodiversité marine et impacté négativement la seule oasis maritime de la Méditerranée, outre l’épuisement des ressources en eau, la détérioration de la santé publique de la population et la propagation de maladies dangereuses », souligne le collectif.


