
Le mirage d’une inflation en baisse ?
À première vue, les nouvelles sont encourageantes. En janvier 2026, l’inflation globale a glissé à 4,8 %. Un chiffre qui ferait presque oublier les sommets des années précédentes. Pourtant, les sages de la BCT ne crient pas victoire. Pourquoi ? Parce que ce ralentissement doit beaucoup à “l’anesthésie” des prix administrés (carburants, pain, transports) que l’État maintient gelés, et à une météo clémente ayant favorisé l’offre de produits agricoles frais.
C’est là que le bât blesse : si l’on retire ces éléments volatils pour observer l’inflation sous-jacente — le véritable pouls de l’économie — la tendance s’inverse. Celle-ci est remontée à 4,9 %, signe que les pressions sur les coûts de fabrication et les services ne sont pas encore totalement maîtrisées.
Un œil sur l’échiquier mondial
La Tunisie n’est pas une île. Le Conseil a noté que partout ailleurs, de Washington à Francfort, les grandes banques centrales ont, elles aussi, opté pour le “statu quo”. Dans un monde marqué par des tensions commerciales persistantes et des prix de matières premières qui jouent au yo-yo, personne n’ose baisser les taux trop tôt de peur de voir les prix s’enflammer à nouveau.
CHIFFRES CLÉS (Février 2026)
| Indicateur | Valeur Actuelle | Évolution / État |
| Taux Directeur | 7,00 % | ➖ Inchangé |
| Inflation Globale | 4,8 % | ↘️ (vs 4,9 % en déc. 2025) |
| Inflation Sous-jacente | 4,9 % | ↗️ (vs 4,3 % en sept. 2025) |
| Réserves de Change | 25,8 Mrds DT | ↗️ (+2,5 Mrds DT sur un an) |
| Couverture Importations | 109 Jours | ↗️ (vs 102 jours en fév. 2025) |
| Déficit Courant | -2,5 % du PIB | ⚠️ (Creusement vs -1,6 % en 2024) |
| Déficit Commercial | -21,8 Mrds DT | 📊 Bilan de l’année 2025 |
Des réserves en devises qui rassurent
L’autre grand volet de cette réunion concernait la santé extérieure du pays. Certes, le déficit commercial s’est creusé en 2025, portant le déficit courant à -2,5 % du PIB. Mais le pays peut compter sur ses deux poumons habituels : le tourisme et les transferts d’argent des Tunisiens vivant à l’étranger.
Grâce à ces flux, les coffres de la Banque Centrale se portent mieux. Avec 25,8 milliards de dinars en réserve, la Tunisie dispose de 109 jours d’importation. C’est une bouffée d’oxygène de plus par rapport à l’année dernière, offrant au pays une protection accrue contre les chocs extérieurs et une meilleure crédibilité auprès des bailleurs de fonds.
Conclusion : Une “stabilité vigilante”
En maintenant son taux à 7,00 %, la BCT envoie un message clair : la priorité absolue reste le retour à une inflation stable sur le long terme. Pour le consommateur et l’entrepreneur, cela signifie que le coût du crédit ne baissera pas tout de suite, mais que la valeur du dinar et le pouvoir d’achat sont sous haute surveillance.
Dans un climat économique où l’incertitude est la seule constante, la Banque Centrale choisit la carte de la stabilité. Un pari sur la durée pour ancrer définitivement la désinflation dans l’économie tunisienne.
EN BREF : Ce qu’il faut retenir
La Banque Centrale de Tunisie (BCT) joue la carte de la stabilité. Malgré une inflation globale qui semble s’assagir sous la barre des 5 %, l’institution refuse de baisser sa garde. Le maintien du taux directeur à 7,00 % vise à étouffer une inflation “cachée” (sous-jacente) qui, elle, repart à la hausse. C’est un signal de rigueur envoyé aux marchés : la priorité est la défense du pouvoir d’achat sur le long terme, même si cela signifie maintenir un coût du crédit élevé pour le moment.
(Source: Communiqué BCT)

