Le forum Tunisien pour les droits économiques et sociaux a souligné, jeudi, la responsabilité directe et historique des grands pays industrialisés dans la crise climatique mondiale, en tant que principaux émetteurs de gaz à effet de serre.

Le forum a affirmé que les pays du Sud, dont la Tunisie, paient aujourd’hui le prix fort de ces politiques et doivent exiger de la communauté internationale l’adoption de mécanismes contraignants pour indemniser les pertes climatiques, financer l’adaptation et la transition écologique juste et durable, et soutenir la résilience des pays touchés.

Rappelant que la Tunisie a connu, au cours des dernières 72 heures, des inondations à grande échelle qui ont touché plusieurs gouvernorats du nord-est et du littoral, faisant 5 décès et entrainant un effondrement partiel des réseaux de drainage et des infrastructures dans plusieurs régions, telles que le Grand Tunis, Nabeul et Monastir. Aucun bilan officiel des dégâts matériels subis n’a été publié jusqu’à présent.

Le FTDES a estimé que ce que le pays a subi, ne peut pas être dissocié du contexte environnemental et climatique général.

Il a indiqué que les rapports scientifiques publiés par les organismes internationaux compétents confirment que la région du bassin méditerranéen et de l’Afrique du Nord est classée parmi les plus vulnérables aux effets du changement climatique.

Ces régions devraient connaître une augmentation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes climatiques extrêmes, allant des inondations soudaines aux vagues de chaleur et aux sécheresses prolongées, en passant par les incendies de forêt.

Exprimant sa totale solidarité avec les familles des victimes et les citoyens touchés par les dernières inondations, le forum a également, déploré l’absence, à l’échelle nationale, de politiques environnementales et climatiques efficaces capables de faire face aux défis actuels.

Il a affirmé que les récentes inondations sont aussi le résultat direct de politiques publiques insuffisantes et de plusieurs années de laisser aller et de mauvaise planification urbaine, dénonçant la vétusté des réseaux d’évacuation des eaux pluviales et d’assainissement,  l’absence d’entretien régulier et l’accumulation de déchets dans ces réseaux, ce qui contribue à leur obstruction et à leur débordement, à chaque épisode pluvial.

Le forum a, par ailleurs, critiqué l’absence d’un système d’alerte précoce, l’absence de plans d’évacuation préventifs pour protéger la population, le manque de coordination et d’efficacité dans la gestion des catastrophes, les crises étant traitées de manière réactive plutôt que préventive.

Il a, à cet effet, exhorté les autorités à assumer pleinement, leurs responsabilités et à œuvrer à la réparation des dommages et à l’indemnisation équitable de tous les citoyens touchés, réaffirmant que le droit à un environnement sain et sûr est un droit humain que l’État est tenu de garantir en mettant en place une stratégie nationale urgente pour prévenir les effets du changement climatique.

Le FTDES a également souligné la responsabilité de l’Etat dans le traitement des questions liées à la pollution industrielle, à la protection du domaine public maritime ainsi qu’à l’accès aux services d’assainissement et à l’eau potable.