Les superficies consacrées à la culture de la fraise dans le gouvernorat de Nabeul sont en recul, alors que la région assure 90 % de la production nationale pour la deuxième saison consécutive.

Les surfaces emblavées n’ont ainsi pas dépassé 310 hectares cette saison, contre 350 hectares lors de la précédente, a indiqué, dimanche, le président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche à Nabeul, Imed El Bey.

Dans une déclaration à l’agence TAP, il a précisé que les premières estimations font état d’une récolte d’environ 12 000 tonnes, soit un rendement moyen de 40 tonnes par hectare, contre 14 000 tonnes la saison dernière.

Il s’agit, selon lui, d’une baisse de la production comprise entre 10 et 15 %, qu’il attribue au désengagement des agriculteurs de cette culture, en raison de la hausse des coûts de production.

Plusieurs agriculteurs de la région ont également confié à l’agence TAP, leur incapacité à poursuivre cette activité, qui a pourtant fait la renommée de la région depuis des décennies.

Contraints de se tourner vers d’autres cultures, afin de garantir une marge bénéficiaire leur permettant d’assurer la pérennité de leur activité agricole, ils expliquent cet abandon par la flambée des coûts, notamment le doublement des prix des plants et des intrants agricoles, les empêchant de rembourser leurs dettes auprès des bailleurs de fonds.

Dans ce contexte, ils ont appelé les autorités concernées à intervenir afin d’identifier des solutions susceptibles de réduire les coûts de production et de soutenir les agriculteurs, dans l’objectif de préserver un secteur en recul d’une saison à l’autre.

Imed Hassouna, agriculteur à Beni Aichoun, dans la délégation de Korba, qui assure environ 60 % de la production nationale, a, pour sa part, souligné que les coûts de production ne cessent d’augmenter d’une saison à l’autre.

« Le coût d’un hectare de fraises atteint cette saison près de 120 000 dinars, contre 100 000 dinars la saison précédente, en raison de la hausse des prix des plants et des intrants agricoles d’au moins 15 % », a-t-il déploré.

Il a exprimé l’espoir que la récolte de fraises soit satisfaisante cette saison à la faveur des récentes précipitations, précisant qu’aucune difficulté liée au manque d’eau d’irrigation n’a été enregistrée.

Il a toutefois estimé que la rareté de la main-d’œuvre et la hausse de son coût demeurent parmi les principales contraintes auxquelles les agriculteurs font face tout au long de la saison, qui s’étend sur six mois.

Selon lui, de nombreux agriculteurs se sont tournés vers des cultures alternatives en raison de leur incapacité à faire face aux charges de production et de l’absence de sources de financement pour les petits exploitants.

« Les bailleurs de fonds refusent en effet de leur fournir les intrants agricoles, ces derniers n’ayant pas été en mesure de régler les dettes contractées lors de la saison précédente, après avoir subi d’importantes pertes financières dues à la hausse des coûts de production sans garantie de marge bénéficiaire », a-t-il expliqué.

À noter que les superficies dédiées à la culture de la fraise dans le gouvernorat de Nabeul avoisinaient 600 hectares au cours des saisons précédentes, pour une production ayant dépassé les 20 000 tonnes en 2024.

Le secteur revêt une importance socio-économique considérable, contribuant à la création d’environ 200 000 journées de travail au profit d’une main-d’œuvre issue du gouvernorat de Nabeul et d’autres régions.