Le chef du gouvernement et candidat à l’élection présidentielle anticipée, Youssef Chahed, a avoué, mardi 20 août, détenir une deuxième nationalité, sans la préciser. Il a indiqué y avoir renoncé avant de présenter sa candidature au scrutin présidentiel prévu le 15 septembre prochain.

Cette information n’était pas connue avant que Chahed ne la divulgue dans un post sur sa page facebook.

Dans ce post, Youssef Chahed écrit: “L’article 74 de la Constitution stipule que tout candidat à la présidence de la République titulaire d’une autre nationalité doit présenter un engagement d’abandon de la deuxième nationalité à l’annonce de son élection. Comme des centaines de milliers de Tunisiens ayant résidé et travaillé à l’étranger, j’étais titulaire d’une deuxième nationalité que j’ai abandonnée avant de présenter ma candidature. Les postulants à la magistrature suprême ne doivent pas attendre leur élection pour le faire. J’invite tous les candidats dans cette situation à faire de même”.

Une source proche de Youssef Chahed a déclaré à l’agence TAP que ce dernier, qui a fait des études en France, était titulaire de la nationalité française avant d’y renoncer le jour où il a déposé sa candidature au scrutin présidentiel le 9 août 2019.

D’ailleurs, le Journal officiel de la République française du 20 août 2019 a publié l’information de l’abandon par Youssef Chahed de la nationalité française.

Youssef Chahed avait occupé des postes de responsabilité dans le gouvernement Habib Essid (2015-2016); depuis 2016, il occupe le poste de chef de gouvernement.

En vertu de l’article 74 de la Constitution, si le candidat à la présidence de la République est titulaire d’une autre nationalité que la nationalité tunisienne, il doit présenter dans le dossier de candidature un engagement stipulant l’abandon de l’autre nationalité à l’annonce de son élection en tant que président de la République.

Etre titulaire d’une double nationalité pour les postulants à la magistrature suprême a longtemps suscité une polémique sur la scène politique tunisienne avant qu’elle ne soit tranchée dans la Constitution de 2014 (article 74).

Ainsi, des candidats à la présidentielle 2019 sont titulaires d’une double nationalité. On cite notamment Hachmi Hamdi (président du Courant Al-Mahaba) et Mehdi Jomaâ (président du parti Al-Badil et ancien chef de gouvernement).

Mehdi Jomaâ s’était engagé, lors de son dépôt de candidature, à abandonner sa nationalité française en conformité à la Constitution et à la loi électorale sans avancer une date précise.