Des associations de défense des droits de la femme ont appelé, vendredi 16 août 2019, à la nécessité d’inclure les questions relatives aux femmes dans les programmes électoraux, lors d’une journée d’étude intitulée “La participation de la femme à la vie politique: enjeux électoraux et défis démocratiques” organisée conjointement par la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), l’Association femmes tunisiennes pour la recherche sur le développement et la Ligue des électrices tunisiennes.

Lors de cette journée d’étude, organisée à l’occasion de la célébration du 63ème anniversaire de la promulgation du Code du statut personnel, ces associations ont mis l’accent sur la nécessité d’inclure les questions relatives aux droits de la femme dans les programmes électoraux, compte tenu de la faible participation des femmes aux prochaines échéances électorales.

A cette occasion, Hafidha Chekir, universitaire et membre de la société civile, a souligné la nécessite de prendre en considération les droits de la femme et d’encourager sa participation à la vie politique, notamment en lui facilitant l’accès aux postes de décision que ce soit au sein des partis politiques, ou dans les organisations de la société civile et les syndicats.

Chekir a indiqué qu’il était impératif d’introduire des amendements à plusieurs dispositions discriminatoires dans le code du statut personnel relatives notamment au chef de la famille, la dot, la tutelle sur les enfants et de consacrer le principe de l’égalité dans l’héritage.

Elle a relevé que selon les statistiques préliminaires, 2 femmes seulement ont présenté leurs candidatures sur un ensemble de 26 candidats à l’élection présidentielle, alors que 4 femmes figurent à la tête des listes législatives, estimant que “le principe de la parité est, d’abord, une mentalité et une culture qu’il convient d’instaurer dans la société”.

De son côté, la présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates, Yosra Fraoues, a indiqué que les deux candidates à l’élection présidentielle ne sont pas représentatives des femmes tunisiennes, estimant que le contenu de leurs programmes ne répond pas à leur aspirations.

Elle a dénoncé le discours misogyne prévalant dans les débats à l’heure actuelle, soulignant qu’une campagne de dénigrement est menée contre les femmes afin de les dissuader à participer à la vie politique.

La secrétaire générale de l’AFTD chargée de la recherche pour le développement, Mounira Hammami, a souligné l’importance de la promulgation de lois favorisant la parité horizontale dans les listes des candidats pour assurer une représentativité équitable des hommes et des femmes, appelant l’instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) à imposer des sanctions contre les partis et les listes indépendantes qui ne respectent pas ce principe.

Elle a également fustigé la violence faite aux femmes sur les réseaux sociaux, qui les décourage ou les empêche d’exercer leur droits politique.

Par ailleurs, Anouar Mansri, membre au sein de la ligue des électrices tunisienne a souligné que la sous représentation des femmes aux élections est due à l’absence de la volonté politique et la non application de la loi par les partis, les listes indépendantes et les listes de coalition, qui n’ont pas respecté le principe de l’égalité contenu dans l’article 46 de la constitution.

L’article 46 de la Constitution stipule: “L’Etat s’engage à protéger les droits acquis de la femme, les soutient et œuvre à les améliorer, il garantit l’égalité des chances entre la femme et l’homme pour assumer les différentes responsabilités et dans tous les domaines. L’Etat œuvre à réaliser la parité entre la femme et l’homme dans les conseils élus et prend les mesures nécessaires afin d’éradiquer la violence contre la femme”.